Procès des rugbymen de Grenoble : huis clos et douleurs à la barre à Angoulême
Procès des rugbymen de Grenoble : huis clos et douleurs à Angoulême

Procès des rugbymen de Grenoble : huis clos et douleurs à la barre à Angoulême

Mercredi 1er et jeudi 2 avril, la cour d'assises de la Charente à Angoulême a poursuivi, aux sixième et septième jours, le procès en appel des anciens rugbymen de Grenoble accusés de viol en réunion. Les débats se sont déroulés à huis clos, prenant un retard significatif qui a empêché le ministère public de requérir et les avocats de plaider dans les délais prévus.

Des audiences intenses et émotionnelles

L'audition de la partie civile et l'interrogatoire des trois accusés – le pilier irlandais Denis Coulson, le talonneur français Loïck Jammes et le troisième ligne néo-zélandais Roy Grice – ont monopolisé une grande partie du temps. Me Denis Dreyfus, avocat de Loïck Jammes, a qualifié ces journées de « marathon sur le chemin de la vérité » lors d'une suspension de séance. Son client, interrogé pendant près de quatre heures, a sangloté à la barre et exprimé des remords, reconnaissant sa participation aux actes sexuels mais contestant l'introduction d'une béquille.

Jammes a expliqué que tous avaient consommé de l'alcool et qu'il n'avait pas perçu les sentiments de la jeune femme, une étudiante de 20 ans au moment des faits survenus dans un hôtel de Mérignac (Gironde) en 2017. Me Dreyfus maintient la thèse du consentement, décrivant son client comme « un peu brut de décoffrage mais toujours sincère ». Il a également mis en doute l'expertise médico-légale, citant le professeur Doutremepuich, qui aurait déclaré être incapable de confirmer l'utilisation de l'objet en question.

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La mémoire du corps et la souffrance persistante

Les avocats de la partie civile, Me Anne Cadiot-Feidt et Me Grégoire Mouly, assistés de leurs collègues Victoria Nauche et Gaessy Gros, ont présenté un récit poignant. Ils affirment que leur cliente est sortie de l'inconscience sous l'effet d'une douleur intense provoquée par un objet métallique, une souffrance qui a perduré et ressurgi lors de la procédure judiciaire. « Le corps a une mémoire. Il n'efface jamais rien », ont-ils souligné.

Me Anne Cadiot-Feidt a ajouté à mi-voix : « Cette femme et ces garçons sont liés à vie par une histoire commune faite de souffrance. Il faudra qu'ils apprennent à avancer avec. » Cette déclaration met en lumière l'impact durable de l'événement sur toutes les parties impliquées.

Un verdict attendu avec impatience

En raison des retards accumulés, le verdict n'est pas attendu avant la nuit de vendredi à samedi, voire plus tard. Les audiences ont ainsi révélé un mélange complexe d'émotions, allant des remords exprimés par les accusés à la douleur profonde de la plaignante, dans un procès qui continue de captiver l'attention publique.

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