Interpellation de proches de Salah Abdeslam avant un parloir en prison
Sur décision d'un juge d'instruction antiterroriste, des proches de Salah Abdeslam ont été interpellés samedi et placés en garde à vue. Cette information a été confirmée lundi par une source judiciaire, faisant suite à une révélation d'Europe 1. Les faits se sont déroulés alors que ces membres de sa famille se préparaient à rendre visite au terroriste condamné, dont les conditions de parloir ont récemment été assouplies par décision de justice.
Une interpellation sur le parking de la prison
Selon une source syndicale pénitentiaire, les interpellations ont eu lieu samedi sur le parking de la prison de Vendin-le-Vieil, située dans le Pas-de-Calais. Les individus concernés étaient sur le point d'entrer dans l'établissement pour un parloir lorsqu'ils ont été appréhendés. Une source proche du dossier a précisé que les policiers ont procédé à deux interpellations distinctes lors de cette opération.
La source judiciaire contactée n'a pas souhaité commenter davantage l'affaire, invoquant le caractère confidentiel d'un dossier toujours en cours d'instruction. Cette discrétion est habituelle dans les procédures antiterroristes en phase d'enquête préliminaire.
Le contexte de l'incarcération de Salah Abdeslam
Salah Abdeslam purge actuellement une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation active aux attentats du 13 novembre 2015. En tant que seul membre encore en vie des commandos meurtriers responsables de ces attaques, il est placé à l'isolement depuis près de dix ans, une mesure de sécurité exceptionnelle dans le système pénitentiaire français.
En novembre 2025, le terroriste avait déjà été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête concernant la détention d'une clé USB. Selon le parquet national antiterroriste (Pnat), cette clé contenait des documents liés à la propagande officielle d'organisations terroristes, notamment État islamique et Al-Qaïda.
L'affaire de la clé USB et ses conséquences
Le Pnat avait requis la mise en examen ultérieure d'Abdeslam suite à cette découverte. L'enquête avait révélé que la clé USB lui avait été remise lors d'une visite au parloir par son ex-compagne, Maëva B. Cette dernière a été doublement mise en examen et incarcérée, et elle est également soupçonnée d'être impliquée dans un projet d'attentat déjoué, bien que ce projet soit sans lien direct avec Abdeslam.
Après ces événements, le directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil avait instauré un dispositif de séparation avec hygiaphone pendant les parloirs. Cette mesure était justifiée par la crainte que des objets interdits, comme la clé USB, puissent être introduits par l'intermédiaire de visiteurs.
Les récentes évolutions des conditions de détention
Début avril, le tribunal administratif de Lille a ordonné un assouplissement des conditions de parloir pour Salah Abdeslam, tout en refusant de suspendre son maintien à l'isolement. Cette décision judiciaire a donc permis un retour à des modalités de visite moins restrictives, bien que le régime d'isolement demeure en vigueur pour des raisons de sécurité.
L'interpellation de samedi survient donc dans un contexte particulièrement sensible, où les autorités judiciaires et pénitentiaires maintiennent une vigilance extrême concernant les contacts extérieurs du dernier survivant des commandos du 13 novembre.



