L'ancien maire de Saint-Étienne, condamné en première instance, a de nouveau clamé sa « totale innocence » lundi à l'ouverture de son procès en appel à Lyon. « Je ne suis à l'initiative de rien », a-t-il lancé à la presse avant l'audience.
Face à lui, son principal accusateur Gilles Rossary-Lenglet réplique aussitôt : « Il me l'a commandité à moi ». Le ton est donné dès les premières minutes d'un procès qui doit durer plusieurs jours et s'annonce très tendu. L'ancien édile de 53 ans espère renverser la décision rendue le 1er décembre. Il avait été reconnu coupable de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, des faits jugés « d'une extrême gravité » par le tribunal. Condamné à cinq ans de prison dont quatre ferme et à cinq ans d'inéligibilité, il avait passé deux mois en détention cet hiver. Aujourd'hui, il promet de nouveaux éléments. « Beaucoup d'éléments nouveaux vont pouvoir être révélés », assure-t-il.
Une affaire de piège politique
Au cœur du dossier, une vidéo intime tournée à l'insu de l'ancien premier adjoint Gilles Artigues dans un hôtel parisien. Cette séquence aurait ensuite été utilisée pour faire pression sur lui, sur fond de rivalités politiques. Deux co-prévenus, Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, ont reconnu avoir participé au piège. Ils espèrent désormais une réduction de leur peine après avoir été condamnés à trois ans de prison ferme.
Dans le box, Gaël Perdriau reste le seul à nier toute responsabilité. Son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, lui, a reconnu avoir co-organisé ce « complot sordide », selon ses propres mots rapportés lors de la procédure. L'ancien maire, lui, maintient sa version : informé de l'existence d'une vidéo, il affirme ne l'avoir jamais regardée et s'en être « désintéressé ». Mais certaines pièces du dossier compliquent sa défense. Des enregistrements audio évoquent une vidéo « où on voit ce qu'il y a à voir », et une possible diffusion qui deviendrait « une exécution », selon ses propos rapportés au dossier. Sa défense tente de relativiser. « Une menace peut-être, mais en aucun cas du chantage », plaide son avocat, qui espère au minimum une requalification des faits.



