Un parquet dédié aux violences sexuelles, un outil pertinent ou une « fausse bonne idée » ? Décryptage
Après la mort de Lyhanna dans le Gers, les responsables politiques tentent d’apporter des réponses rapides aux « dysfonctionnements » de la justice. Parmi elles, la proposition de créer un parquet national spécialisé dans les violences sexuelles fait débat.
Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les tribunaux dans toute la France lundi 8 juin 2026 dans la soirée, toutes animées par la même colère : comment Jérôme Barella, le suspect principal du meurtre de Lyhanna, a pu passer entre les mailles du filet malgré d’anciennes plaintes pour viol sur mineur à son encontre ?
Après la découverte du corps de cette enfant de 11 ans près de Fleurance dans le Gers, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a très vite reconnu des « dysfonctionnements » avant de présenter ses « excuses » à la famille de Lyhanna. Le garde des Sceaux a, dans la foulée, demandé aux magistrats de reprendre les 70 000 dossiers de violences sur mineurs en cours de procédure.
Dimanche 7 juin, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et candidat putatif à l’élection présidentielle de 2027, a relancé sur BFMTV la piste d’un parquet national spécialisé dans « les violences faites aux femmes et aux enfants ». À la manière du Parquet national antiterroriste (Pnat) ou du Parquet national financier (PNF), cette structure centralisée pourrait permettre une meilleure coordination des enquêtes et une spécialisation des magistrats.
Cependant, cette proposition divise. Certains magistrats et associations estiment qu’il s’agit d’une « fausse bonne idée », craignant une usine à gaz administrative qui éloignerait encore plus la justice des victimes. D’autres soulignent que les violences sexuelles sont déjà traitées par des pôles spécialisés dans les tribunaux, et qu’un parquet national risquerait de créer des lenteurs supplémentaires.
Le débat est lancé alors que la France cherche des solutions pour éviter qu’un drame comme celui de Lyhanna ne se reproduise. La création d’un tel parquet nécessiterait une réforme législative et des moyens humains et financiers conséquents.



