La proposition de loi contre l'antisémitisme retirée, un nouveau texte transpartisan en préparation
Nouveau projet de loi contre l'antisémitisme après retrait du texte

Un retrait face à une opposition massive

Le texte législatif porté par Caroline Yadan, présenté comme une réponse à l'explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023, a finalement été retiré par les députés Renaissance jeudi dernier. Cette décision intervient après que la proposition a recueilli plus de 700 000 signatures contre elle, témoignant d'une fronde massive et d'un débat particulièrement houleux au sein de la société française.

Un nouveau projet annoncé dans la foulée

Mais le projet n'est pas complètement enterré pour autant. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, a immédiatement annoncé la préparation d'un nouveau projet de loi contre « les formes contemporaines de l'antisémitisme ». Ce texte sera élaboré dans le cadre d'un travail de « co-construction » et se veut résolument transpartisan.

Une démarche de concertation lancée

Les présidents de groupes parlementaires sont ainsi conviés à une réunion le 28 avril prochain pour se pencher collectivement sur cette question cruciale. « Ils ne partiront pas d'une copie blanche », a toutefois précisé Aurore Bergé lors d'une conférence de presse tenue au ministère de la Lutte contre les discriminations.

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Les présidents des groupes parlementaires et ceux des commissions des Lois des deux chambres pourront y faire « entendre » leurs « propositions ». La ministre a cependant regretté que La France Insoumise (LFI) ait d'ores et déjà considéré que « ce combat ne les concernait pas » et ait annoncé qu'elle ne participerait pas à cette concertation.

Les associations pleinement associées

Aurore Bergé a également assuré que les associations engagées dans la lutte contre l'antisémitisme seraient « évidemment pleinement associées » à la construction de ce nouveau texte législatif. Cette inclusion vise à garantir que le projet de loi réponde aux préoccupations concrètes du terrain.

Des bases déjà existantes

Sur le fond, la ministre a expliqué qu'il s'agissait d'envoyer « un message très clair sur la détermination de la France à lutter contre l'antisémitisme ». Elle a indiqué qu'il était « tout à fait possible » que le texte reprenne la proposition faite par Emmanuel Macron d'une peine d'inéligibilité pour propos antisémites.

Elle n'a cependant pas détaillé dans quelle mesure le nouveau projet reprendrait, ou non, tout ou partie du texte de loi retiré jeudi. « De nombreuses propositions existent déjà », a-t-elle fait valoir, issues des travaux de Caroline Yadan mais aussi, par exemple, des assises de lutte contre l'antisémitisme lancées en 2024.

Ni copie blanche ni copie écrite

« Il n'y a pas une copie blanche », a-t-elle affirmé, mais « pas une copie qui est déjà écrite » non plus, car « sinon, il n'y a pas de travail transpartisan possible ». Cette position cherche à équilibrer la nécessité d'avancer rapidement avec l'impératif d'une véritable concertation.

Un calendrier resserré

Promettant un calendrier « resserré », Aurore Bergé a confirmé que le projet de loi serait présenté en Conseil des ministres « avant la suspension des travaux parlementaires » de l'été. Cette annonce fixe une échéance claire pour l'aboutissement des travaux de préparation.

Le contenu controversé du texte initial

La proposition de Caroline Yadan, qui a suscité tant d'opposition, prévoyait notamment :

  • D'étendre le champ du délit de provocation et d'apologie du terrorisme
  • D'y ajouter la notion d'implicite
  • De créer un nouveau délit réprimant les appels à la destruction d'un État

Ses opposants estimaient que ce texte faisait peser un risque significatif sur la liberté d'expression et entretenait un amalgame dangereux entre les juifs et l'État d'Israël. Ces critiques ont largement contribué à la mobilisation contre le projet initial.

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Le nouveau processus législatif lancé par le gouvernement cherche ainsi à trouver un équilibre entre la nécessité de lutter efficacement contre l'antisémitisme et le respect des libertés fondamentales, tout en associant le plus largement possible les forces politiques et la société civile.