Nîmes : un trentenaire condamné pour harcèlement moral après des visites répétées chez son ex
Nîmes : harcèlement moral, un trentenaire condamné avec sursis

Un harcèlement persistant après la rupture

Après la fin de leur relation en juin 2024, une jeune femme a porté plainte pour harcèlement moral contre son ex-compagnon. Les faits se sont déroulés à Nîmes, dans le Gard, où le trentenaire a été interpellé le 19 février 2026, alors qu'il se trouvait en état d'ébriété devant le domicile de la plaignante. Un couteau a été découvert dans sa sacoche lors de cette intervention policière.

Des visites hebdomadaires et des appels incessants

Lors de l'audience du 20 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Nîmes, la victime a décrit un comportement obsessionnel. "Il venait tous les jeudis soir, il sonnait à l'interphone pendant des heures, il criait dans la rue et essayait d'ouvrir mes volets", a-t-elle témoigné. Elle a évoqué environ cent visites à son domicile, précisant que cette régularité coïncidait avec les horaires d'ouverture de la discothèque La Comédie, où l'accusé avait l'habitude de se rendre.

Le président du tribunal, Fabien Chenevier, a confronté le prévenu aux relevés téléphoniques : "Sur la seule journée du 31 mai, il y a eu 46 appels et messages. Et 112 entre mai et juin". Malgré ces éléments, l'homme a minimisé les faits, affirmant s'être rendu seulement "quatre ou cinq fois chez elle" et justifiant ses passages par la proximité avec la gare, lui qui réside à Alès et se déplace en train depuis la suspension de son permis de conduire.

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Une défense qui plaide la relaxe

L'avocate de la défense, Me Justine Fagès, a contesté la qualification de harcèlement. "Il n'y a aucun appel retrouvé les jeudis soir, comme c'est évoqué par la plaignante. Aucune preuve qu'il était à son domicile", a-t-elle souligné. Elle a également plaidé la relaxe pour le port d'armes, son client affirmant ignorer la présence du couteau dans sa sacoche. La défense a mis en avant les efforts du prévenu, qui aurait arrêté de consommer de l'alcool depuis son contrôle judiciaire.

À l'inverse, l'avocate de la victime, Me Camille Proix, a décrit l'impact psychologique sur sa cliente : "Le comportement de Monsieur a conduit ma cliente à se renfermer sur elle-même. Elle a même raté un jour de travail car il ne voulait pas partir de devant chez elle". La jeune femme a bénéficié de quatre jours d'incapacité totale de travail (ITT) en raison du stress subi.

Condamnation et mesures complémentaires

Le vice-procureur Philip Ughetto-Porteglio a requis une peine minimale de huit mois de prison avec sursis probatoire, avertissant : "Il faut qu'il comprenne qu'il doit mettre un terme définitif à cette relation, sinon, les portes de la prison s'ouvriront pour lui". Après délibéré, le tribunal a suivi ces réquisitions.

Le trentenaire a été reconnu coupable de harcèlement moral et condamné à huit mois de prison avec sursis simple. La peine comprend également l'annulation de son permis de conduire, une interdiction de port d'armes pendant cinq ans, l'interdiction de rentrer en contact avec la victime et l'obligation de l'indemniser. Son véhicule a été confisqué par décision de justice.

Malgré ses excuses à demi-mot lors de l'audience – "Je n'avais vraiment pas conscience que les appels pouvaient autant lui nuire" –, le prévenu n'a pas convaincu le tribunal de l'innocence de ses actes. Cette affaire illustre les mécanismes judiciaires de protection des victimes de harcèlement dans le département du Gard.

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