Mort d'Adama Traoré : la Cour de cassation scelle définitivement le non-lieu, la famille se tourne vers la justice européenne
Ce mercredi 11 février 2026, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes impliqués dans la mort d'Adama Traoré, survenue en juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Cette décision, devenue définitive après dix ans de procédures judiciaires, a été vivement dénoncée par la famille du jeune homme, qui annonce désormais saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour faire condamner la France.
Un combat judiciaire de dix ans qui s'achève
Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans, est décédé le 19 juillet 2016 dans une gendarmerie du Val-d'Oise, deux heures après son interpellation lors d'une opération visant son frère. La Cour de cassation a écarté tous les arguments soulevés par ses proches, refusant d'annuler le non-lieu prononcé en août 2023 et confirmé en appel en mai 2024. Les juges ont suivi les réquisitions du parquet général, mettant ainsi un terme aux espoirs de relancer l'enquête.
La réaction de la famille et la mobilisation
Assa Traoré, la sœur d'Adama, a exprimé son scandale et son choc devant la salle d'audience. Elle a créé le Comité vérité et justice pour Adama et avait appelé à une mobilisation de soutien au palais de justice. L'avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, a immédiatement annoncé le dépôt d'une requête auprès de la CEDH à Strasbourg, affirmant vouloir obtenir la condamnation de la France pour violations des droits de l'Homme.
Les circonstances controversées de la mort
L'interpellation a eu lieu par une journée où la température avoisinait les 37°C, lors d'une course-poursuite à Beaumont-sur-Oise. Les trois gendarmes ont menotté Adama Traoré dans un appartement. La cour d'appel avait précédemment estimé que les gestes des militaires avaient contribué à sa mort, mais étaient restés dans le cadre légal. La cause du décès a été attribuée à un coup de chaleur, qui n'aurait probablement pas été mortel sans l'intervention des gendarmes.
Les griefs de la famille et l'absence de reconstitution
Les proches d'Adama Traoré accusent les gendarmes d'avoir causé sa mort par leurs gestes lors de l'interpellation et de ne pas avoir porté secours après son malaise dans leur véhicule. Ils reprochent également à la justice de n'avoir jamais procédé à une reconstitution, malgré leurs demandes répétées. Les parties civiles soutiennent la thèse d'un placage ventral prolongé de plusieurs minutes, une allégation que les juges ont rejetée, considérant l'usage de la force comme nécessaire et proportionné.
Les implications plus larges de l'affaire
Cette affaire a porté au premier plan les questions des violences policières et du racisme systémique au sein de la justice française. Elle continue de susciter des débats intenses sur la responsabilité des forces de l'ordre et l'accès à la justice pour les victimes de discriminations. La saisine de la CEDH marque une nouvelle étape dans ce long combat pour la vérité et la justice.