Procès d'un tueur à gages mineur à Marseille : la veuve du chauffeur VTC témoigne de sa douleur
Marseille : procès d'un tueur à gages mineur, la veuve témoigne

Le procès d'un adolescent tueur à gages s'ouvre à Marseille

Ce mardi 10 février, le tribunal des enfants de Marseille ouvre une audience particulièrement symbolique. Un adolescent, aujourd'hui âgé de 15 ans, comparaît pour le meurtre d'un chauffeur VTC survenu en octobre 2024. À l'époque des faits, le mineur n'avait que 14 ans lorsqu'il a été recruté comme tueur à gages par un réseau de narcotrafic.

Un drame familial aux conséquences dévastatrices

La victime, Nessim Ramdane, avait 36 ans et laissait derrière lui une famille dévastée. Sa veuve, Mélanie, élève désormais seule leurs trois enfants depuis le tragique événement du 4 octobre 2023. "La douleur est insupportable", confie-t-elle avec émotion. "Ma plus grande peur aujourd'hui concerne mes enfants, condamnés à avancer dans ce monde sans leur père."

Les circonstances du drame sont particulièrement glaçantes. L'adolescent, en route pour exécuter un contrat de meurtre commandité par le narcotrafic, avait pris place dans le véhicule de Nessim Ramdane. Après que le chauffeur ait refusé de s'arrêter à l'endroit demandé, le mineur l'a abattu d'une balle dans la nuque. La voiture, devenue incontrôlable, s'est ensuite encastrée dans une école maternelle.

Une violence incompréhensible pour la famille

Mélanie, la veuve, peine toujours à comprendre l'absurdité de cette tragédie. "Nous n'avons aucun lien avec le trafic de stupéfiants", insiste-t-elle. "La mort de Nessim n'a aucun sens." Cette affaire illustre de manière dramatique le phénomène inquiétant des mineurs recrutés comme tueurs à gages par la criminalité organisée marseillaise, souvent via des applications de messagerie comme Snapchat.

Un procès historique sous haute tension

Ce procès est le premier du genre en France concernant un mineur accusé d'"homicide volontaire en bande organisée" et d'"association de malfaiteurs". L'adolescent encourt jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. L'audience se déroulera à huis clos, conformément à la procédure applicable aux mineurs.

Pour Mélanie, l'ouverture de ce procès, bien qu'attendue, représente une nouvelle source d'angoisse. "J'attends l'audience avec une boule au ventre", avoue-t-elle. "J'ai besoin de voir ce mineur qui a ôté la vie de Nessim. Non pas par haine, mais pour lui dire le mal irréparable qu'il a causé à mes enfants."

Les dessous d'une affaire sordide

L'enquête a révélé des éléments troublants. En octobre 2024, la police marseillaise a reçu un appel d'un détenu se présentant comme membre du gang DZ Mafia. Cet individu a affirmé avoir commandité le meurtre d'un narcotrafiquant rival, contrat confié à l'adolescent via Snapchat. Ironie macabre de l'affaire : le commanditaire a finalement dénoncé son propre tueur à gages, mécontent que celui-ci ait abattu la mauvaise personne.

Cette affaire met en lumière plusieurs problématiques majeures :

  • Le recrutement de mineurs par la criminalité organisée
  • L'utilisation des réseaux sociaux pour des activités illégales
  • La violence aveugle liée au narcotrafic marseillais
  • Les conséquences dévastatrices sur les familles des victimes collatérales

Alors que le procès s'ouvre, la famille de Nessim Ramdane espère trouver un début de réponse à ses questions et un semblant de justice pour cet homme dont la vie a été brutalement interrompue.