Une affaire judiciaire qui dure depuis plus de onze ans
C’est une saga judiciaire qui s’étend désormais sur plus de onze années. Le 12 novembre 2008, le magnat de Warner Music, Peter Ikin, est découvert sans vie dans un hôtel parisien. Initialement, l’autopsie conclut à une mort naturelle, mais des doutes persistent rapidement. L’enquête se concentre alors sur son ancien amant, Alexandre D., qui vient d’être officiellement renvoyé devant la cour d’assises pour assassinat.
Des accusations graves et des procédures complexes
Selon l’ordonnance du juge d’instruction, qui suit les réquisitions du parquet, Alexandre D. sera également jugé pour faux et usage de faux, comme l’a confirmé une source judiciaire proche du dossier. Cette information a été relayée par le journaliste indépendant Brendan Kemmet, ajoutant une couche médiatique à cette affaire déjà complexe.
« Cette ordonnance de mise en accusation est un soulagement », a déclaré Marion Grégoire, l’avocate de Gary Perritt, neveu de la victime. Elle a souligné que l’instruction avait été « un dossier au long cours », marqué par de nombreuses péripéties. En revanche, l’avocate d’Alexandre D., qui a toujours clamé l’innocence de son client, n’a pas pu être jointe pour commenter ces développements judiciaires.
Une affaire aux ramifications financières et personnelles
Alexandre D. est accusé d’avoir empoisonné Peter Ikin dans le but de s’approprier sa fortune, estimée à dix millions d’euros. Après les premières conclusions de l’enquête, des doutes émergent, poussant Gary Perritt, ayant droit du défunt, à porter plainte en décembre 2009. Une analyse toxicologique réalisée sur des organes conservés révèle alors une dose mortelle de paracétamol dans le sang, équivalente à quarante cachets.
Une enquête pour assassinat est ouverte, mettant en lumière les relations entre Alexandre D. et Peter Ikin. Habitué du monde de la nuit et du show-business, Alexandre D. avait renoué avec le producteur, rencontré vingt ans plus tôt, quelques mois seulement avant son décès. Il aurait alors fait croire à Ikin qu’il était devenu extrêmement riche et qu’il souffrait d’une tumeur au cerveau en phase terminale.
Des manœuvres suspectes et des procédures judiciaires étendues
Les deux amants ont conclu au Royaume-Uni un « civil partnership » (union civile) désignant Alexandre D. comme légataire universel. Cependant, ce document n’est pas reconnu par le droit australien, ce qui a compliqué les choses. Les enquêteurs soupçonnent Alexandre D. d’avoir produit un faux testament après le décès d’Ikin pour contourner cet obstacle juridique.
Mis en examen en juin 2010, Alexandre D. avait été remis en liberté en février 2012 pour des raisons médicales, tout en étant placé sous contrôle judiciaire. L’enquête a ensuite connu une période de stagnation, jusqu’à une ultime confrontation des protagonistes en mai 2017, relançant les procédures.
D’autres protagonistes impliqués dans cette affaire rocambolesque
Deux autres individus, Jérémy Bilien et Vincent Bray, ont été renvoyés pour « complicité d’usage de faux ». Ils ont reconnu avoir aidé à établir le testament controversé. En revanche, le juge d’instruction a ordonné un non-lieu pour Laetitia Nail, l’ex-femme d’Alexandre D., qui avait également été mise en examen pour assassinat, ajoutant ainsi une dimension familiale à cette affaire déjà chargée en émotions et en rebondissements.