Julie Emile Fabre : du procès des viols de Mazan à un livre sur les violences intrafamiliales
Julie Emile Fabre, dessinatrice officielle lors du procès dit des viols de Mazan, publie un ouvrage poignant qui lie son expérience judiciaire à son histoire personnelle marquée par les violences intrafamiliales. Sorti le 4 mars dernier, ce livre intitulé Abonnés À travers le procès Pélicot offre un récit unique entre documentaire et autobiographie.
Un processus d'écriture né d'une histoire personnelle
L'artiste explique avoir commencé à écrire un texte autobiographique sur les violences intrafamiliales suite au décès de sa grand-mère paternelle. « Je me sentais prête à en faire quelque chose de ces violences qui sont invisibles », confie-t-elle. C'est dans ce contexte qu'elle découvre le procès des viols de Mazan et décide d'y assister, attirée par l'initiative de Gisèle Pelicot d'ouvrir les audiences au public.
Le procès comme terrain d'étude des violences de genre
Julie Emile Fabre décrit son immersion dans la cour criminelle comme une expérience « très intéressante, très impressionnante et très lourde affectivement ». Elle y voit un véritable terrain d'étude sur les violences de genre, analysant le profil de cinquante hommes accusés de violences sexuelles. « On a comme une mise à disposition pour comprendre comment la violence se produit et se reproduit », souligne-t-elle.
La libération par le dessin et l'écriture
Devenue dessinatrice officielle presque par hasard, elle trouve dans cette fonction une libération. « Ça a été l'aboutissement de mon processus d'émancipation, celui d'assumer d'être artiste ». Le dessin lui permet d'accéder au « contrechamp » du procès, capturant la communication non verbale des accusés et des avocats.
Un événement marquant qui transforme une vie
L'artiste reconnaît que le procès a constitué « un tournant dans ma vie », provoquant même des rêves et des angoisses persistantes. Mais cette expérience intense l'a finalement aidée à mettre des mots sur son vécu personnel. « Le livre a trouvé cette nécessité à la fin du procès, à la fin de cette aventure », explique-t-elle, précisant que publier un ouvrage n'était pas son intention initiale.
Une œuvre qui résonne au-delà du tribunal
Aujourd'hui, Julie Emile Fabre se sent « libérée » par ce processus créatif. Son livre de 200 pages, publié aux Éditions Morgen au prix de 24,90€, sera présenté et dédicacé ce mardi 24 mars à 18h30 à l'Épicerie, 14 rue de l'Agau à Nîmes. Cette œuvre témoigne du pouvoir libérateur de l'art face aux violences les plus taboues de notre société.



