Une condamnation historique pour harcèlement scolaire
La cour d'appel de Versailles a rendu un verdict lourd de sens lundi, en condamnant à un an de prison avec sursis l'enseignante d'Evaëlle, une collégienne de 11 ans qui s'était suicidée en 2019. Cette décision fait suite à une relaxe en première instance en mars 2025, qui avait provoqué l'appel du parquet de Pontoise.
Le calvaire d'Evaëlle au collège Isabelle-Autissier
Selon la plainte déposée par ses parents, Evaëlle, scolarisée à Herblay dans le Val-d'Oise, subissait un double harcèlement. Elle était victime de moqueries de la part de ses camarades de classe, mais surtout, elle était humiliée et stigmatisée par sa propre professeure de français en classe de 6e. Les parents, en larmes à l'issue du délibéré, ont salué la décision d'appel qui reconnaît enfin l'existence du harcèlement exercé par l'enseignante.
Une première judiciaire en France
Cette affaire marque un tournant dans la lutte contre le harcèlement scolaire. L'enseignante avait été mise en examen dès 2020 pour harcèlement sur mineur de 15 ans, constituant ainsi la première fois en France qu'un enseignant était poursuivi pénalement dans un tel contexte. Le procès en première instance avait pourtant débouché sur une relaxe, avant que la justice d'appel ne rectifie le tir.
Conséquences légales et interdiction définitive
Outre la peine d'emprisonnement avec sursis, l'enseignante est condamnée à une interdiction définitive d'exercer sa profession. Cette sanction sévère souligne la gravité des faits qui lui sont reprochés. L'affaire Évaëlle a d'ailleurs directement contribué à l'évolution du droit français, en participant à la création du délit spécifique de harcèlement scolaire dans la loi de 2022.
Un fléau qui touche près d'un élève sur dix
Ce drame rappelle l'ampleur du harcèlement scolaire en France, où près d'un élève sur dix en est concerné. La condamnation de l'enseignante d'Evaëlle envoie un signal fort à l'ensemble de la communauté éducative sur la nécessité de protéger les enfants et de sanctionner sévèrement les auteurs de tels actes, qu'ils soient élèves ou adultes.



