Gironde : deux députées réclament une UMJ à Langon pour les victimes de violences
Les députées girondines Mathilde Feld (La France Insoumise) et Sophie Mette (Mouvement Démocrate) ont pris une initiative parlementaire majeure en interpellant directement trois ministres du gouvernement. Dans un courrier daté du 17 avril, elles ont sollicité Gérald Darmanin, ministre de la Justice, Stéphanie Riest, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, ainsi que Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.
Leur demande centrale : la création d'une unité médico-judiciaire (UMJ) à Langon, dans le Sud-Gironde. Cette revendication s'inscrit dans une démarche plus large visant à obtenir un maillage plus fin et équitable du territoire en matière de structures médico-judiciaires, particulièrement bénéfique pour les zones rurales.
Une situation préoccupante pour les victimes
La démarche des deux élues est partie d'un constat simple et préoccupant. Actuellement, les victimes du territoire sud-girondin sont contraintes de se rendre à Bordeaux, au Centre d'accueil en urgence de victimes d'agression (Cauva), pour effectuer les constatations médico-légales nécessaires. Cette situation entraîne des retards significatifs et de nombreux renoncements selon Mathilde Feld, qui souligne dans un communiqué que cette situation provoque des retards, des renoncements.
La problématique est particulièrement aiguë concernant les victimes de violences intrafamiliales (VIF) et de violences sexistes et sexuelles (VSS). Les députées insistent sur le fait que la proximité n'est pas un confort ; c'est une condition de l'accès à la preuve, à la protection, aux soins et aux droits. Elles rapportent qu'environ 2 800 victimes de ces formes de violences genrées en Sud-Gironde sont réorientées chaque année vers le Cauva de Bordeaux.
Les obstacles à surmonter
Pour rendre possible la création de cette UMJ de proximité à Langon, les deux parlementaires identifient plusieurs obstacles majeurs. Elles évoquent notamment la nécessité d'une évolution du cadre national issu de la réforme de la médecine légale, qu'elles qualifient de principal frein.
Plus précisément, elles pointent du doigt les modalités de financement opaques, dont le plafonnement des équivalents temps plein mobilisables à l'échelle départementale. Ces mécanismes, encadrés par des circulaires datant de 2010 et 2012, nécessiteraient selon elles une révision en profondeur pour permettre l'émergence de nouvelles unités médico-judiciaires dans les territoires ruraux.
L'enjeu dépasse largement le cadre départemental girondin. Comme le soulignent les députées, de nombreux territoires signalent la même difficulté, faisant de cette question un problème national nécessitant une réponse adaptée.
Une initiative transpartisane pour les territoires
L'alliance entre une députée de La France Insoumise et une élue du Mouvement Démocrate démontre le caractère transpartisan de cette préoccupation. Les deux femmes politiques, représentant respectivement les 12e et 9e circonscriptions de la Gironde, unissent leurs forces pour porter la voix des territoires ruraux au plus haut niveau de l'État.
Leur démarche s'inscrit dans une volonté plus large de rééquilibrer l'accès aux services publics essentiels entre les zones urbaines et les campagnes. La création d'une UMJ à Langon représenterait ainsi une avancée concrète pour améliorer la prise en charge des victimes de violences dans toute la région sud-girondine.
Les deux députées attendent désormais des réponses concrètes des ministres interpellés, espérant que leur initiative permettra d'engager une réflexion nationale sur l'adaptation du maillage médico-judiciaire aux réalités territoriales contemporaines.



