Un gendarme condamné pour harcèlement contre son ex-compagne, absent à son procès
Gendarme condamné pour harcèlement, absent à son procès

Un gendarme condamné pour harcèlement contre son ex-compagne, absent à son procès

Le tribunal correctionnel d'Agen a rendu son verdict ce vendredi 13 mars, dans une affaire de harcèlement impliquant un gendarme de 37 ans. L'accusé, absent de l'audience car parti dans un autre département pour des raisons professionnelles, a été condamné à six mois de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans. Il devra également verser 2 000 euros de dommages et intérêts à son ex-compagne, avec une interdiction de contact pendant trois ans et une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans.

Une relation toxique et des milliers de messages menaçants

Le gendarme, arrivé à la brigade de Fumel en décembre 2024 et suspendu depuis, avait entretenu une relation amoureuse de quelques mois avec sa collègue et voisine au début de l'année 2025. Après leur rupture, le trentenaire, en proie à une addiction à l'alcool, a multiplié les tentatives de contact. Entre le 10 et le 17 juillet 2025, il a envoyé 359 messages à son ex-compagne, dont certains revêtaient un caractère menaçant, comme « Tu ne sais pas de quoi je suis capable. Je vais te massacrer », et visaient sa carrière.

Face à cette pression, la jeune femme a bloqué son numéro de téléphone et s'est cloîtrée dans son logement. N'obtenant aucune réponse, le gendarme a même contacté le Centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie en août 2025, prétextant une menace visant sa collègue pour envoyer une patrouille sur les lieux, dans ce qui s'est révélé être une fausse alerte.

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Une victime gendarme qui a payé un lourd tribut

À l'audience, Me Sophie Lagarde, avocate de la partie civile, a décrit l'impact dévastateur de cette affaire sur sa cliente. « Ce dossier est celui d'une pression qui a progressivement envahi la vie de ma cliente, l'a complètement détruite », a-t-elle illustré. « Elle est gendarme, elle est là pour protéger les victimes, maintenir l'ordre public. Cette procédure lui a beaucoup coûté. Aujourd'hui, c'est elle qu'il faut protéger. »

Elle a également souligné le courage de sa cliente, présente à l'audience pour clore ce chapitre, contrairement à l'accusé qui s'est retranché derrière une obligation professionnelle. L'avocate a ajouté que le militaire avait déjà fait l'objet d'une procédure disciplinaire pour des attitudes inconvenantes envers des gendarmes adjoints volontaires et avait utilisé un Taser sur la conjointe d'un collègue.

Défense et verdict du tribunal

Pour la défense, Me Agathe Bouchidhomme a attesté d'un suivi en addictologie et psychologique en cours du prévenu. « Il est parti loin, a changé de travail, et refait sa vie après cette relation toxique où les insultes et reproches étaient réciproques », a insisté l'avocate, contestant la qualification de harcèlement au profit de messages et appels malveillants.

Les juges, privés des explications directes de l'accusé, se sont appuyés sur la retranscription des messages et les témoignages. Ils ont suivi les réquisitions du parquet, condamnant le gendarme à une peine qui inclut :

  • Six mois de prison avec sursis probatoire de deux ans
  • Interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans
  • Versement de 2 000 euros de dommages et intérêts à la victime
  • Interdiction de contact pendant trois ans

Cette affaire met en lumière les conséquences graves du harcèlement au sein des forces de l'ordre, où la victime, elle-même gendarme, a dû faire face à une pression constante de la part d'un collègue, nécessitant une protection judiciaire renforcée.

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