Fraude massive à la CPAM : deux infirmiers libéraux devant la justice
Deux infirmiers libéraux ont comparu le mercredi 11 mars devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne dans la Marne. Ils sont accusés d'avoir orchestré une escroquerie d'une ampleur exceptionnelle, estimée à près de 1,8 million d'euros, au détriment de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).
Un système de facturation frauduleux révélé
Le titulaire du poste, âgé de 39 ans, est poursuivi pour "escroquerie envers un organisme de protection sociale". Selon les enquêteurs, il aurait indûment obtenu des remboursements d'honoraires auxquels il n'avait pas droit. Sa remplaçante, âgée de 44 ans, est quant à elle mise en cause pour complicité des mêmes faits, comme rapporté par France 3 Grand Est.
La CPAM aurait donné l'alerte après avoir détecté un volume d'activité anormalement élevé, quatre à six fois supérieur à celui des autres infirmiers du secteur. Un proche du dossier a résumé l'ampleur du dossier en déclarant : "C'est un peu comme s'il avait travaillé 30 heures par jour, 360 jours par an."
Des pratiques frauduleuses méthodiques
Les investigations ont révélé un système frauduleux sophistiqué comprenant :
- Des facturations en double
- Des soins fictifs
- Des injections inventées
- Des dépôts de médicaments en boîte aux lettres facturés comme des visites complètes
La remplaçante est soupçonnée d'avoir cautionné ou participé activement à ce système. Le parquet qualifie cette affaire de fraude massive et méthodique, mettant en lumière des pratiques délibérément conçues pour détourner des fonds publics.
Des réquisitions sévères du parquet
Face à un préjudice estimé à plus de 1,8 million d'euros, le parquet a requis des peines conséquentes :
- Pour l'infirmier titulaire : quatre ans de prison dont trois avec sursis, l'interdiction d'exercer et la confiscation des biens saisis
- Pour sa remplaçante : un an de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende
Le verdict de cette affaire, qui a mobilisé l'attention des autorités sanitaires et judiciaires, est attendu pour le 27 mai prochain. Cette affaire soulève des questions sur les contrôles au sein du système de remboursement des soins de santé.



