Frédéric Hay, fondateur d'Adheos, sous contrôle judiciaire pour viols et agressions sexuelles
Fondateur d'Adheos sous contrôle judiciaire pour viols

Le fondateur d'Adheos mis en examen pour viols et agressions sexuelles

Frédéric Hay, figure emblématique de la lutte pour les droits des personnes homosexuelles en Charente-Maritime et fondateur de l'association Adheos, se trouve au cœur d'une affaire judiciaire particulièrement grave. Âgé de 55 ans, ce militant historique a été placé sous contrôle judiciaire depuis le 20 novembre 2025 par le parquet de La Rochelle.

Des accusations dans le cadre de l'activité associative

Les faits reprochés à Frédéric Hay sont d'une extrême gravité : viols et agressions sexuelles sur cinq victimes étrangères, principalement des demandeurs d'asile. Ces actes présumés se seraient produits dans le cadre de son activité associative, selon les informations fournies par le parquet de La Rochelle. L'instruction judiciaire est toujours en cours, et l'intéressé bénéficie de la présomption d'innocence.

Les investigations ont conduit à des perquisitions le 19 novembre 2025, tant au domicile de Frédéric Hay que dans les locaux d'Adheos à Saintes. Ces opérations faisaient suite aux témoignages recueillis auprès de demandeurs d'asile qui fréquentaient l'association.

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Une association en pleine tourmente

Adheos, créée il y a vingt ans à Saintes avec des antennes à La Rochelle et des centres à Angoulême et Niort, traverse une crise sans précédent. L'association, qui avait élargi son action ces dernières années à l'accueil d'étrangers en danger dans leur pays, se trouve profondément ébranlée par ces révélations.

Frédéric Hay a immédiatement été écarté de l'association qu'il avait fondée. Son avocate, Me Marie-Anne Noël, invoque « la présomption d'innocence et le secret de l'instruction » pour demander la retenue médiatique concernant son client.

Changement de gouvernance et tensions internes

La présidence d'Adheos avait été confiée à Riyana Vigeon en mai 2025, mais cette dernière a démissionné fin 2025 sans expliquer publiquement les raisons de son retrait. Florianne Dewyngaert lui a succédé le 10 décembre 2025, se présentant comme celle qui devait « sauver l'organisation ».

La nouvelle présidente appelle à un nouveau départ pour l'association, évoquant même la possibilité d'un changement de nom pour marquer la rupture avec l'ère précédente. Elle souhaite également que l'association participe à la Marche des fiertés saintaise, un événement auquel Adheos n'avait pas pris part en 2025.

Suspension des subventions et difficultés administratives

La situation est d'autant plus complexe que la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT) a décidé de suspendre ses subventions à l'association. Cette décision, annoncée le 27 mars 2026, prive Adheos de son principal financeur, qui versait 150 000 euros pour le fonctionnement des centres LGBTI de Saintes, Niort et Angoulême.

La Dilcrah justifie cette suspension par la nécessité d'attendre « la stabilisation de la gouvernance de l'association » avant de reprendre les versements. Parallèlement, Florianne Dewyngaert a porté plainte le 17 mars 2026 pour harcèlement par messages électroniques, témoignant des tensions internes qui secouent l'organisation.

Un passé administratif déjà problématique

Cette affaire judiciaire s'ajoute à des difficultés administratives antérieures. Adheos disposait depuis 2018 d'un agrément ILGLS (Intermédiation locative et de gestion locative sociale) lui permettant de proposer un hébergement temporaire. Cependant, l'association a continué à utiliser un appartement au-delà de la date de fin de l'agrément prévue au 31 décembre 2023, ce qui a conduit la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités à exiger l'arrêt de ce service courant 2025.

Une assemblée générale est prévue le 25 avril, où cette affaire judiciaire et ses conséquences sur l'avenir d'Adheos seront nécessairement au centre des discussions. L'association, autrefois pilier de la défense des droits LGBTI en Charente-Maritime, doit désormais faire face à l'une des crises les plus importantes de son histoire.

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