Eve Simonet : « On n’a jamais vraiment cru les victimes »
Eve Simonet : « On n’a jamais cru les victimes »

Justice • Violences sexistes et sexuelles

« On en est là parce qu’on n’a jamais vraiment cru les victimes » : Eve Simonet, créatrice du site « classés sans suite », s'exprime dans une interview. Les « dysfonctionnements » autour de la mort de Lyhanna ont provoqué émoi et colère en France, mettant en lumière le traitement des affaires de violences sexuelles et de pédocriminalité. Face à ce constat, la réalisatrice et militante féministe a créé le site internet participatif « Classés sans suite », où chaque victime peut déposer son témoignage. Propos recueillis par Manon Bernard, publiés le 12 juin 2026 à 20h00.

Un ras-le-bol généralisé suivi d’un déferlement de témoignages. Trois jours après sa mise en ligne, le site internet participatif « Classés sans suite » recense déjà plus de 1 660 témoignages et 55 000 connexions. Le site, présenté comme une « archive citoyenne pour toutes les victimes de violences qu’on a voulu silencier » par sa créatrice, a été fondé en réaction à la mort de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Et surtout, à cause des nombreux « dysfonctionnements » de la justice dans le traitement de précédentes plaintes visant le principal suspect. En cartographiant tous ces dysfonctionnements, Eve Simonet souhaite en révéler l’ampleur, pour « rendre visible ce que la justice invisibilise ».

Le site permet aux victimes de déposer anonymement leur récit, créant ainsi une base de données publique des affaires classées sans suite. L'objectif est de montrer l'ampleur du phénomène et de pousser à des réformes judiciaires. Eve Simonet insiste sur le fait que « le problème est systémique : on ne croit pas les victimes, surtout quand elles sont des enfants ou des femmes ». Elle espère que cette initiative citoyenne forcera la justice à prendre en compte ces témoignages et à agir.

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Depuis le lancement, le site a reçu des témoignages de toute la France, dénonçant des négligences, des classements sans suite injustifiés et un manque de soutien aux victimes. De nombreux internautes ont exprimé leur soutien, et des associations féministes ont relayé l'initiative. Pour Eve Simonet, ce n'est qu'un début : « Nous devons continuer à faire pression pour que la justice change. »

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