Arno Klarsfeld visé par une enquête du parquet de Paris après ses propos sur les "rafles" d'étrangers
Enquête sur Arno Klarsfeld après ses propos sur les "rafles" d'étrangers

Le parquet de Paris ouvre une enquête judiciaire visant Arno Klarsfeld

Le parquet de Paris a officiellement ouvert une enquête concernant Arno Klarsfeld, fils des célèbres chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld. Cette décision fait suite aux déclarations polémiques qu'il a tenues sur la chaîne CNews, où il a évoqué la nécessité d'organiser de "grandes rafles" d'étrangers en situation irrégulière. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

Des propos qui ont suscité l'indignation générale

Fin janvier, lors d'un débat sur CNews, Arno Klarsfeld, juriste de 60 ans, a déclaré : "C'est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF". Il a poursuivi en affirmant : "Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Donald Trump avec l'ICE des sortes de grandes rafles un peu partout". Ces propos ont immédiatement provoqué une vague de réactions indignées et plusieurs signalements ont été déposés auprès de l'Arcom et de la justice.

Le signalement à l'origine de l'enquête a été effectué par un député de Charente, selon les informations communiquées par le parquet de Paris. La situation est d'autant plus sensible qu'Arno Klarsfeld est le fils du couple Klarsfeld, connu pour son combat contre l'impunité des anciens nazis et pour avoir créé une association défendant les Fils et Filles de déportés juifs de France.

Une procédure disciplinaire engagée au Conseil d'État

Parallèlement à l'enquête judiciaire, une procédure disciplinaire a été ouverte contre Arno Klarsfeld par le Conseil d'État, où il siège depuis 2010. Les sanctions encourues peuvent varier considérablement :

  • Un simple avertissement
  • Un blâme officiel
  • Une suspension temporaire de ses fonctions
  • Jusqu'à la radiation définitive du Conseil d'État

La défense controversée d'Arno Klarsfeld

Face aux nombreuses critiques, Arno Klarsfeld a tenté de se justifier sur le réseau social X. Il a écrit : "Sur le mot 'rafle', il suffit de se rapporter au dictionnaire et ce n'est pas la même chose d'arrêter des étrangers qui ont commis des crimes et de les renvoyer éventuellement chez eux que de s'emparer d'enfants juifs et de les envoyer à Auschwitz où ils seront gazés". Cette comparaison a elle-même été vivement contestée.

De manière surprenante, Arno Klarsfeld a également déposé une plainte pour "incitation à la haine", dénonçant ce qu'il qualifie de "centaines de tweets abjects" le visant personnellement suite à ses déclarations sur CNews. Cette démarche ajoute une dimension supplémentaire à cette affaire déjà complexe.

L'enquête du parquet de Paris et la procédure disciplinaire au Conseil d'État se déroulent simultanément, créant une situation juridique et institutionnelle inédite pour ce juriste dont les propos continuent de faire débat dans l'espace public français.