Arno Klarsfeld visé par une enquête après ses propos sur des 'rafles' d'étrangers
Enquête ouverte contre Arno Klarsfeld pour ses propos sur les 'rafles'

Arno Klarsfeld sous le feu des critiques et de la justice

Le parquet de Paris a officiellement ouvert une enquête ce mardi 10 février visant Arno Klarsfeld, le juriste franco-israélien de 60 ans et fils des célèbres chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld. Cette décision fait suite à ses propos tenus fin janvier sur la chaîne CNews, où il a appelé à "organiser de grandes rafles" d'étrangers en situation irrégulière.

Des déclarations qui ont provoqué l'indignation

Lors d'un débat télévisé, Arno Klarsfeld a déclaré : "C'est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF", faisant référence aux personnes sous obligation de quitter le territoire français. Il a ensuite ajouté : "Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec l'ICE des sortes de grandes rafles un peu partout". Ces propos ont immédiatement suscité une vague de réactions indignées et plusieurs signalements ont été déposés auprès de l'Arcom et de la justice.

L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Cette ouverture d'enquête fait suite au signalement effectué par un député de Charente, selon les informations communiquées par le parquet de Paris à l'AFP.

Une procédure disciplinaire au Conseil d'État

Parallèlement à l'enquête judiciaire, Arno Klarsfeld doit faire face à une procédure disciplinaire engagée par le Conseil d'État, où il siège depuis 2010. Les sanctions encourues peuvent aller de l'avertissement à la radiation, en passant par le blâme et la suspension temporaire. Cette procédure témoigne de la gravité avec laquelle sont considérés ses propos par l'institution.

La défense d'Arno Klarsfeld

Face aux vives critiques, Arno Klarsfeld a tenté de se justifier sur le réseau social X. Il a écrit : "Sur le mot 'rafle', il suffit de se rapporter au dictionnaire et ce n'est pas la même chose d'arrêter des étrangers qui ont commis des crimes et de les renvoyer éventuellement chez eux que de s'emparer d'enfants juifs et de les envoyer à Auschwitz où ils seront gazés". Il a par ailleurs porté plainte pour "incitation à la haine", dénonçant ce qu'il qualifie de "centaines de tweets abjects" le visant personnellement.

Le juriste, qui participe régulièrement à des conférences sur l'antisémitisme comme celle à Jérusalem le 27 mars 2025, se retrouve ainsi au cœur d'une polémique qui mêle questions d'immigration, mémoire historique et liberté d'expression. L'enquête du parquet de Paris et la procédure disciplinaire du Conseil d'État détermineront les conséquences juridiques et professionnelles de ses déclarations controversées.