Procès de la DZ Mafia : des réquisitions sévères contre les chefs présumés
Le procès de la DZ Mafia, l'un des principaux gangs criminels du sud de la France, a connu un tournant décisif ce dimanche 12 avril 2026. L'avocate générale a requis des peines particulièrement lourdes à l'encontre de deux des chefs présumés de cette organisation, jugés pour leur implication dans un double assassinat commis en 2019 près de Marseille.
Des peines exemplaires demandées
Pour Gabriel Ory, surnommé "Gaby", l'avocate générale a demandé la prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Concernant Amine Oualane, plus connu sous le nom de "Mamine", elle a requis 18 années de réclusion criminelle. Les deux hommes, âgés d'une trentaine d'années et déjà emprisonnés depuis de longues années, sont accusés d'avoir aidé à préparer ce meurtre.
Les réquisitions ne se limitent pas à ces deux figures. L'avocate générale a également demandé :
- La réclusion à perpétuité contre les commanditaires présumés, Karim Harrat et Walid Bara
- Un mandat d'arrêt contre Walid Bara, actuellement en fuite
- 30 ans de prison contre le tireur présumé, Zaineddine Ahamada
- 30 ans de prison contre son complice Adrien Faure, accusé d'avoir ouvert la chambre des victimes et prêté son arme
Un double meurtre en 2019
Les faits jugés remontent au 30 août 2019. Une femme de ménage d'un hôtel Formule 1 proche de Marseille découvre dans une chambre les corps de deux hommes exécutés par balle. L'une des victimes est Farid Tir, 29 ans, sorti de prison un an plus tôt. Son identité avalise l'hypothèse d'un règlement de comptes sur fond de rivalités dans le trafic de drogue.
La seconde victime, son ami Mohamed Benjaghlouli, qui partageait sa chambre, apparaît comme une victime collatérale. Ironiquement, comme l'a rappelé l'avocate générale, "ce n'est pas le procès d'un clan marseillais qui a semé la mort à Marseille ces dernières années puisqu'il n'existait pas en 2019", en référence au groupe DZ Mafia qui ne s'était pas encore formé à cette date.
Un message fort de la justice
En conclusion d'un réquisitoire de trois heures, l'avocate générale a demandé à la cour de rappeler aux accusés, des détenus "particulièrement surveillés" au passé criminel chargé, "qu'ils sont des justiciables comme les autres". "La vie humaine, quelle qu'elle soit, a de la valeur", a-t-elle martelé.
Elle a également mis en avant la nécessité pour la justice de poser "une limite" aux "agissements mortifères" de jeunes des cités marseillaises, qui ont basculé en quelques années de la délinquance de droit commun à la grande criminalité. Cinq des accusés sont d'ailleurs mis en examen dans plusieurs homicides liés au narcotrafic.
Un procès mouvementé
Le procès, qui a débuté le 23 mars, a pris plusieurs jours de retard notamment du fait de nombreux incidents pendant l'audience. Il devrait se terminer ce lundi, laissant au tribunal le soin de délibérer sur ces réquisitions sévères.
Gabriel Ory et Amine Oualane sont soupçonnés de diriger depuis la prison ce groupe criminel devenu prééminent dans le trafic à Marseille et désormais au-delà, s'étendant également dans le racket. La DZ Mafia est devenue ces dernières années l'un des principaux gangs du sud de la France, selon les autorités judiciaires.



