Eric Dupond-Moretti fait appel de sa condamnation pour diffamation
Dupond-Moretti fait appel de sa condamnation pour diffamation

L'ancien ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti va faire appel de sa condamnation à une amende avec sursis pour avoir diffamé un magistrat dans un livre, a annoncé mardi 23 juin sa défense à l'AFP. Eric Dupond-Moretti « interjette évidemment appel » de cette condamnation, pour, dans son ouvrage « J'ai dit oui », avoir accusé Edouard Levrault, ancien juge d'instruction détaché à Monaco, d'avoir violé le secret de l'instruction dans un dossier où lui-même était intervenu en tant qu'avocat, selon un communiqué de son avocate Jacqueline Laffont-Haïk.

Les motifs de l'appel

L'ancien garde des Sceaux « conteste fermement la motivation » du jugement du tribunal correctionnel de Paris, selon Me Laffont-Haïk qui relève que son client a été relaxé sur une deuxième citation directe d'Edouard Levrault. Le magistrat s'estimait également diffamé dans un autre ouvrage d'Eric Dupond-Moretti. Le tribunal a condamné l'ancien ministre à 500 euros d'amende avec sursis, peine assortie de 4.000 euros de dommages et intérêts, solidairement avec son éditeur Michel Lafon. L'appel d'Eric Dupond-Moretti, de nouveau présumé innocent, suspend l'exécution de sa peine.

Les accusations d'Edouard Levrault

Edouard Levrault, qui avait dénoncé à la barre en avril « la malveillance » et « la hargne fielleuse d'Eric Dupond-Moretti », n'a pas obtenu sa condamnation pour des propos similaires aux écrits de « J'ai dit oui », tenus lors du seul-en-scène éponyme joué l'an dernier à Paris par l'ancien responsable politique.

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Le contexte du conflit

Le conflit entre les deux hommes remonte à une affaire mettant en cause un commissaire de police monégasque, alors défendu par l'avocat Dupond-Moretti et instruite par le juge Levrault. Après avoir quitté le Rocher mais alors que l'enquête restait en cours, le magistrat avait évoqué le dossier lors d'une émission de France 3 : une violation du secret de l'instruction pour Eric Dupond-Moretti, qui avait exigé des sanctions disciplinaires quand il avait été nommé place Vendôme. Mais l'Inspection générale de la justice avait estimé qu'Edouard Levrault n'avait « pas commis de violation du secret professionnel ou du secret de l'instruction » et le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) l'avait blanchi, considérant qu'il n'avait « pas dépassé les limites de sa liberté d'expression », avait rappelé l'avocat du magistrat, François Saint-Pierre.

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