Djihad CSP : une docteure en épidémiologie jugée pour avoir rejoint l'EI
Docteure en épidémiologie jugée pour djihad

Camille F., une femme au parcours académique exceptionnel, comparaît cette semaine devant la cour d'assises spéciale de Paris. Docteure en épidémiologie, ingénieure et flûtiste de formation, elle est accusée d'avoir rejoint en famille le groupe État islamique en Syrie entre 2015 et 2017. Cette affaire, surnommée "Djihad CSP" par les médias, met en lumière un profil inhabituel parmi les djihadistes français.

Un parcours brillant et une conversion radicale

Camille F., aujourd'hui âgée de 38 ans, a suivi un parcours scolaire et universitaire d'excellence. Après des études de médecine, elle se spécialise en épidémiologie et obtient un doctorat. Parallèlement, elle pratique la flûte traversière à un niveau semi-professionnel. Rien ne prédestinait cette femme issue d'une famille catholique pratiquante à basculer dans le djihadisme.

Sa conversion à l'islam remonte à 2013, après une rencontre avec un homme qui deviendra son mari. Le couple se radicalise rapidement. En 2015, ils quittent la France avec leurs deux jeunes enfants pour rejoindre la Syrie. Sur place, Camille F. met ses compétences médicales au service de l'organisation terroriste, travaillant dans des hôpitaux de fortune à Raqqa.

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Un procès sous haute surveillance

Le procès, qui doit durer trois semaines, se déroule sous haute sécurité. L'accusée encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Les débats devraient se concentrer sur le degré d'adhésion idéologique de Camille F. au projet de l'État islamique. Ses avocats plaideront qu'elle a agi sous l'emprise de son mari et qu'elle n'a jamais participé à des actes de combat ou de violence directe.

L'affaire suscite un vif intérêt médiatique en raison du profil atypique de l'accusée. "C'est une femme intelligente, cultivée, qui a choisi délibérément de rejoindre le califat", analyse un expert en terrorisme. "Son cas montre que la radicalisation peut toucher tous les milieux sociaux."

Les victimes et la société en attente de justice

Plusieurs parties civiles, dont des associations de victimes du terrorisme, se sont constituées. Elles espèrent que ce procès permettra de comprendre les mécanismes de la radicalisation et de rendre justice aux victimes des attentats commis par l'EI.

Le verdict est attendu pour le début du mois de juillet. En attendant, la France retient son souffle face à ce procès hors norme qui interroge les fragilités de la société face à l'extrémisme.

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