Plainte pour corruption au CHU de Reims
Le CHU de Reims a officiellement déposé plainte contre X pour « agissements frauduleux » après la découverte d'un système de corruption présumé impliquant l'un de ses neuroradiologues, comme le révèle le journal L'Union. Pendant dix ans, entre 2013 et 2023, ce praticien aurait entretenu des relations suspectes avec Balt, une entreprise américaine spécialisée dans les dispositifs médicaux de haute technologie.
Un système de rémunération occulte
Selon l'enquête menée par le Parquet national financier (PNF), le médecin aurait touché des commissions liées au volume d'activité. Plus précisément, les rétributions étaient indexées sur le nombre de « coils » — des micro-dispositifs utilisés en neuroradiologie — posés sur ses patients. Les investigations révèlent une proximité étroite entre le spécialiste et un consultant de la société américaine, les deux hommes échangeant régulièrement par SMS pour coordonner ces tests de produits.
530 000 euros perçus en six ans
Le montant de la dérive est vertigineux : en l'espace de six ans seulement, le praticien aurait perçu plus de 530 000 euros. Ces sommes, versées via une filiale de conseil aux États-Unis, n'ont jamais été déclarées aux autorités hospitalières ni sur le portail officiel « Transparence Santé ».
Amende de 1,8 million d'euros pour Balt
C'est l'entreprise Balt elle-même qui a fini par briser l'omerta en lançant une alerte interne en 2023, avant de coopérer avec la justice. Pour éviter un procès pénal long et incertain, la firme a conclu une Convention judiciaire d'intérêt public (CJIP) avec le PNF. Cet accord prévoit le paiement d'une amende de près de 1,76 million d'euros pour « corruption d'argent public ».



