Une cadre administrative de l'AP-HP engage un combat judiciaire contre le harcèlement et la violence institutionnelle
Émilie Hardouin, cadre administrative au sein de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), mène depuis plusieurs années un combat judiciaire acharné pour dénoncer des pratiques de harcèlement et ce qu'elle qualifie de violence institutionnelle au sein de l'établissement. Son action vise à mettre en lumière des dysfonctionnements profonds et récurrents.
Des plaintes successives pour harcèlement moral et placardisation
La procédure judiciaire a débuté en 2020 avec une plainte fondatrice incluant la constitution de partie civile, ciblant initialement les agissements présumés d'un ancien chef de poste. Une nouvelle plainte a été déposée fin 2025, élargissant significativement le champ des accusations. Cette plainte récente, dont l'Agence France-Presse a eu connaissance, vise désormais l'AP-HP en tant que personne morale, l'accusant explicitement de violence institutionnelle, une allégation que l'établissement conteste fermement.
Selon les informations révélées par le journal L'Humanité, six responsables de l'AP-HP sont également mis en cause dans cette nouvelle procédure. Ces individus, occupant des postes clés dans les ressources humaines, les affaires juridiques, la médecine du travail et d'autres services, sont principalement visés pour des faits de harcèlement moral. L'avocat d'Émilie Hardouin souligne que, à l'exception du harcèlement sexuel, sa cliente subit une réitération et une prolongation des agissements qui ont motivé sa saisine initiale de la justice en 2020.
Une dénonciation des dysfonctionnements systémiques
Le combat d'Émilie Hardouin ne se limite pas à des cas individuels ; il pointe du doigt des dysfonctionnements systémiques au sein de l'institution hospitalière parisienne. Les allégations incluent des pratiques de placardisation, où des employés sont marginalisés ou mis à l'écart de leurs fonctions, ainsi qu'une culture organisationnelle permissive vis-à-vis du harcèlement. Cette affaire judiciaire met en lumière les défis persistants liés à la gestion des ressources humaines et à l'éthique professionnelle dans les grands établissements publics de santé.
Les développements de cette procédure sont suivis de près, car ils pourraient établir des précédents importants concernant la responsabilité des institutions face à des allégations de violence institutionnelle. La détermination d'Émilie Hardouin à poursuivre son combat, malgré les années écoulées, illustre les obstacles auxquels peuvent se heurter les lanceurs d'alerte dans le secteur public.



