Bordeaux : un Bangladais condamné pour jets de pavés contre la synagogue
Bordeaux : condamnation pour jets de pavés contre synagogue

Un Bangladais condamné pour jets de pavés contre la synagogue de Bordeaux

Un ressortissant du Bangladesh âgé de 33 ans a été condamné à de la prison avec sursis vendredi 13 mars par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Les faits remontent au 17 septembre 2025, vers 20 heures, lorsque l'homme a lancé plusieurs pavés contre la façade de la synagogue de la ville.

Les faits et le déroulement de l'audience

Une vidéo capturée ce soir-là montre clairement le prévenu descellant un pavé devant l'édifice religieux, prenant son élan avant de le projeter violemment contre la façade. Les enquêteurs ont par la suite retrouvé quatre autres pavés dans la cour et sur l'escalier de la synagogue. L'homme a été interpellé seulement une heure après les faits, du côté du marché des Capucins, avec des signes évidents d'ébriété.

Devant le tribunal, le prévenu a reconnu avoir consommé deux canettes de bière titrant 8,6 degrés d'alcool avant de commettre ces actes. « Je fais des bêtises chaque fois que je bois », a-t-il admis, tout en niant toute intention antisémite. « Je ne savais pas que ce lieu était une synagogue. Je suis bouddhiste et je n'ai pas de problèmes avec la communauté juive », a-t-il déclaré.

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La question centrale : acte antisémite ou simple « idiotie » ?

Cette interrogation a dominé les débats judiciaires. Pour Me Jean-Jacques Dahan, avocat de l'Association cultuelle israélite de Gironde (Acig), la motivation raciste ne fait aucun doute. Il a souligné que d'autres établissements publics et commerces se trouvaient à proximité, mais que le prévenu a spécifiquement ciblé la synagogue. De plus, en septembre 2025, des photos des otages israéliens du Hamas étaient affichées sur la porte de l'édifice, direction dans laquelle un pavé a été lancé.

Le procureur Bertrand Raimbault a appuyé cette position en déclarant : « Quand on s'attaque à un lieu de culte, on s'attaque au pacte social. La synagogue était parfaitement identifiée, le prévenu savait pertinemment qu'il s'attaquait à un édifice religieux juif ».

Le profil du prévenu et les arguments de la défense

Arrivé en France en mai 2022 pour fuir des persécutions dans son pays, le Bangladais vit à Bordeaux depuis un an et demi dans des conditions précaires. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, il est sans emploi officiel ou effectue des travaux non déclarés dans le bâtiment. Bien que son casier judiciaire soit vierge, il a déjà été condamné pour recel de vol en Île-de-France.

Les psychologues consultés dans le cadre de son contrôle judiciaire ont évoqué une grande souffrance psychologique. L'avocate de la défense a quant à elle insisté sur l'absence de preuves de motivation religieuse ou antisémite, soulignant que les dommages matériels étaient légers et que son client s'était montré coopératif avec la justice.

La décision du tribunal

Le tribunal a finalement condamné l'homme à :

  • Deux mois de prison avec sursis
  • 600 euros d'amende
  • 600 euros de dommages et intérêts à verser à l'Acig

L'Association cultuelle israélite de Gironde, dans un souci d'apaisement, n'avait demandé qu'une condamnation symbolique. Cette affaire souligne les tensions autour de la protection des lieux de culte et la complexité de qualifier juridiquement des actes aux motivations ambiguës.

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