Un retour en France entaché par des démarches administratives surréalistes
Benjamin Brière, libéré après 1 079 jours de détention en Iran, a relaté au Nouvel Obs ses galères administratives à son retour en France. Son témoignage poignant a mis en lumière des échanges déconcertants avec les services fiscaux, poussant la direction générale des Finances publiques (DGFiP) à réagir publiquement.
Un dialogue surréaliste au centre des impôts
L'ex-otage a détaillé comment les finances publiques lui ont reproché de ne pas avoir effectué ses déclarations d'impôts pendant quatre ans. Face à l'agent, il a tenté de justifier son absence : « J'étais en prison ». La réponse fut cinglante : « Oui, mais même en prison, on peut le faire ». Benjamin Brière a rétorqué : « Bah, pas en Iran », avant que l'agent ne suggère : « Oui mais votre famille aurait pu le faire ».
Cette suggestion a particulièrement choqué le jeune Français, qui rappelle qu'à l'époque, il n'avait la possibilité de parler à ses proches que quinze minutes cumulées sur six semaines. « Les impôts, ça m'a échappé ! », a-t-il souligné, dénonçant l'absence totale de prise en compte de sa situation exceptionnelle.
La réaction officielle de Bercy : des regrets mais une réponse jugée froide
Sur les réseaux sociaux, la DGFiP a reconnu « un premier contact anormal avec une agente dans un service des impôts qui n'a pas perçu la gravité de sa situation ». L'institution a qualifié la réponse apportée d'« inacceptable » et de « tout à fait contraire à nos valeurs ».
Cependant, ce mea culpa administratif semble chercher à minimiser les faits. La DGFiP insiste sur le fait que Benjamin Brière a ensuite été reçu par une responsable dans un autre département et que « sa situation a été rapidement régularisée, avec tout le soin que méritait ce cas hors norme ».
L'administration fiscale a déclaré : « Nous regrettons vivement que cet usager n'ait pu initialement bénéficier de toute l'attention qu'il convenait de lui apporter compte tenu du contexte. Depuis, tout a été mis en œuvre pour s'assurer que ce type de situation ne puisse pas se reproduire. »
Un appel à une meilleure prise en charge des otages rapatriés
Au-delà de cette affaire, Benjamin Brière critique la faiblesse de l'accompagnement des anciens otages et de leurs familles. Il affirme : « Rien n'est mis en place pour accompagner les familles pendant la détention, et rien n'est mis en place au retour des otages au niveau administratif. »
L'ex-otage milite activement pour la création d'un statut spécifique et un meilleur soutien. Il explique : « Ce n'est pas qu'une question de moyens financiers, c'est aussi de la facilitation administrative, voire une prise en charge psychologique. C'est une bataille qui est maintenant en cours avec un projet de loi que j'essaie de porter. »
Cette mésaventure fiscale soulève ainsi des questions plus larges sur l'accueil réservé aux Français rapatriés après des épreuves extrêmes à l'étranger. La législation pourrait effectivement permettre d'éviter de tels errements administratifs à l'avenir.



