Patrick Balkany face à une lourde peine requise pour détournement de fonds publics
Libéré de prison le 5 août 2022, Patrick Balkany pourrait y retourner rapidement. Ce vendredi, le parquet de Nanterre a requis une peine sévère à son encontre : deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme. L'ancien maire de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, est jugé depuis mardi pour des faits de détournement de fonds publics liés à l'affaire de ses chauffeurs.
Des sanctions financières et civiques substantielles
Outre l'incarcération, le ministère public a demandé une amende de 150 000 euros. Il a également réclamé une interdiction de dix ans concernant le droit de vote, l'éligibilité et l'exercice de toute fonction publique. Lors de son réquisitoire, le procureur Camille Siegrist a martelé : « On ne badine pas avec le respect des règles ». Il a insisté pour que l'ancien élu paie « les sommes dues à la partie civile et aux pouvoirs publics », soulignant la gravité des infractions.
Des policiers municipaux traités comme des domestiques
Au cœur de ce dossier judiciaire se trouve l'affectation de trois policiers municipaux et d'un agent de police détaché en tant que « conducteurs de sécurité » au cabinet du maire. Selon les accusations, Patrick Balkany considérait ces agents de la force publique comme « des larbins, des hommes de main, de confiance, des hommes à tout faire », voire « quasiment des domestiques ».
Décrits comme « corvéables de jour comme de nuit », ces chauffeurs étaient chargés de tâches personnelles et dégradantes, telles que :
- Porter les courses de l'ancien maire
- Aller chercher des cigarettes pour lui
- Effectuer des trajets personnels vers l'aéroport
- Conduire vers sa résidence de Giverny, dans l'Eure
La défense de Balkany face à la rigueur du tribunal
Devant le tribunal correctionnel, Patrick Balkany a tenté de se justifier en se présentant comme un « maire paternaliste ». Cependant, le magistrat a fermement répliqué à cette argumentation. Il a rappelé que la fonction de maire est un « sacerdoce » et non celle d'un « démiurge omnipotent ». « Être maire, ça veut dire qu'on est élu mais pas l'élu », a-t-il rétorqué, mettant en lumière l'abus de pouvoir présumé.
Cette affaire illustre les dérives potentielles du pouvoir local et les conséquences judiciaires sévères qui peuvent en découler. Le verdict, attendu prochainement, déterminera si Patrick Balkany devra purger une nouvelle peine carcérale pour ces faits de détournement de fonds publics.



