Arsenal de guerre chez un ancien militaire : 3 000 euros d'amende et interdiction d'armes
Arsenal de guerre chez un ancien militaire : amende et interdiction

Un impressionnant arsenal découvert chez un ancien militaire en Lot-et-Garonne

Ce mardi 14 avril, un sexagénaire originaire de Bon-Encontre comparaissait devant le tribunal correctionnel d'Agen pour une affaire de détention illégale d'armes qui a stupéfié la juridiction. L'homme, un ancien militaire au casier judiciaire vierge, était poursuivi pour possession sans autorisation d'un véritable arsenal de guerre.

Un inventaire digne d'un dépôt militaire

Les forces de l'ordre ont découvert chez lui un stock d'armes particulièrement impressionnant : neuf fusils dont deux à pompe, quatre pistolets, une kalachnikov, deux grenades, un silencieux et des munitions spécifiquement décrites comme « utilisées par les forces de l'Otan ». Cet équipement couvrait les catégories A, B et C du classement des armes, nécessitant normalement des autorisations strictes que le prévenu ne détenait pas.

Une affaire révélée par une séparation conflictuelle

L'arsenal n'aurait probablement jamais été découvert sans la séparation houleuse entre l'ancien militaire et sa compagne. C'est lors de son audition que cette dernière a alerté les autorités sur la présence de ces armes au domicile de son ex-conjoint. Une révélation qui a immédiatement déclenché une enquête des gendarmes.

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Des « cadeaux empoisonnés » accumulés au fil des années

À la barre, le prévenu a expliqué avoir accumulé ces armes progressivement, sans jamais les restituer aux autorités. La kalachnikov, cachée dans le plafond de sa maison, lui aurait été offerte par un compagnon d'arme durant sa carrière militaire. « Je me voyais mal l'emmener à la gendarmerie sans être embêté. Je voulais la broyer et la disperser dans la Garonne », a-t-il déclaré.

Les fusils de chasse proviendraient quant à eux de dons successifs : une voisine lui aurait cédé les armes de son mari défunt, puis le grand-père d'une famille amie lui en aurait confié d'autres. L'homme affirme avoir récemment contacté la fédération de chasse de son secteur pour s'en débarrasser, sans que cette démarche ne donne de résultat concret.

La défense plaide la bonne foi et la crainte des autorités

Me Eléa Cerdan, l'avocate de la défense, a qualifié ces armes de « cadeaux empoisonnés », soulignant que certaines étaient hors d'état de marche, voire rouillées. « Les gens ont peur d'aller se présenter aux autorités avec des armes. Car ils n'ont aucune garantie de se retrouver sans difficulté », a-t-elle plaidé, décrivant son client comme « un homme inséré dans la société à la carrière exemplaire, et qui n'a jamais fait preuve de violence ».

Le parquet insiste sur la gravité des faits

Face à ces arguments, le substitut du procureur a maintenu une position ferme : « Ces faits sont très graves. Et on n'est pas à l'abri d'un cambriolage ». Il a requis 18 mois de prison avec sursis contre le prévenu, mettant en avant les risques sécuritaires liés à la détention d'un tel arsenal.

Une condamnation qui combine sanction financière et interdiction

Le tribunal a finalement prononcé une condamnation mixte : une amende de 3 000 euros dont 2 000 avec sursis, accompagnée d'une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Une décision qui sanctionne la détention illégale tout en tenant compte du profil du prévenu et de l'absence d'intention malveillante démontrée.

Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par certains détenteurs d'armes, notamment d'anciens militaires, pour se conformer à la législation française particulièrement stricte en la matière. Elle questionne également les mécanismes de restitution des armes et la crainte des sanctions qui peut dissuader certaines démarches de régularisation.

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