Arrestation de « Ganito » : fin de cavale pour l'évadé de Villepinte avec de faux policiers
La cavale d'Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », s'est achevée le jour de son anniversaire, le 20 mars 2026, avec son interpellation à Canet-en-Roussillon dans les Pyrénées-Orientales. Cet événement marque la conclusion d'une enquête intense de deux semaines suite à son évasion spectaculaire de la prison de Villepinte le 7 mars, réalisée avec l'aide de faux policiers.
Une interpellation sans incident
Les forces de l'ordre, comprenant la BRI des Pyrénées-Orientales et de l'Hérault ainsi que la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), ont procédé à l'arrestation sans heurts. Le parquet de Paris a confirmé cette information, tandis que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a salué l'opération sur les réseaux sociaux, déclarant : « Félicitations à nos forces ! ».
Un passé judiciaire chargé
« Ganito » était déjà connu de la justice pour de multiples vols aggravés, purgeant quatre peines et placé en détention provisoire dans deux autres affaires. Il a été mis en examen en novembre 2025 pour avoir commandité le cambriolage violent au domicile du gardien du PSG Gianluigi Donnarumma. De plus, il est accusé d'avoir menacé un complice dans cette affaire, qui s'est ensuite suicidé en prison.
Une évasion audacieuse
Le 7 mars, trois individus se sont présentés à la maison d'arrêt de Villepinte, dont deux se faisant passer pour des policiers venus extraire un détenu pour une garde à vue. L'évasion n'a été détectée que 48 heures plus tard, la durée maximale d'une garde à vue, révélant une faille dans la surveillance pénitentiaire.
Le profil complexe d'Ilyas Kherbouch
Son avocate, May Sarah Vogelhut, a souligné que depuis l'âge de 14 ans, il n'a connu qu'un mois et demi de liberté, expliquant son acte par un besoin profond d'être libre. Des proches le décrivent comme impulsif et doté d'un ego important, ayant cherché à « marquer l'histoire » avec cette évasion.
Enquête sur les complices
Une information judiciaire a été ouverte à Paris suite à cette évasion. Deux hommes, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars. Le majeur, résidant à Toulon, est soupçonné d'avoir joué le rôle d'un faux policier et fait face à des charges d'évasion en bande organisée, association de malfaiteurs, corruption active, et faux et usage de faux.
Les premières interpellations ont eu lieu fortuitement le 8 mars, lorsque des équipes de la BAC ont découvert dans un véhicule des objets suspects : un gyrophare, des brassards de police, des menottes, une perruque blonde, et deux fausses cartes de police. Ces cartes portaient les photos du conducteur et d'une jeune femme, suggérant leur utilisation par les complices présumés de Kherbouch.
Cette affaire met en lumière les défis de sécurité dans les établissements pénitentiaires et l'ingéniosité des réseaux criminels, tout en soulevant des questions sur la réinsertion et la psychologie des détenus.



