Un ancien animateur de Montpellier mis en examen pour viols et agressions sexuelles
Un ancien animateur de la Ville de Montpellier a été mis en examen le 14 mars dernier pour viol et agressions sexuelles sur des filles de moins de 10 ans. L'homme de 33 ans, qui intervenait jusqu'en octobre 2024 à l'école primaire Dickens et au centre de loisirs Astérix, a été placé sous mandat de dépôt avant d'être libéré contre l'avis du parquet le 2 avril.
Des accusations graves dans le cadre scolaire
L'animateur est soupçonné d'avoir commis un viol et une dizaine d'agressions sexuelles sur des enfants fréquentant l'école Dickens dans le quartier des Aiguerelles et le centre de loisirs Astérix à Grammont. Les témoignages des jeunes victimes évoquent des mains glissées sous les vêtements, jusque dans la culotte, avec pour l'une d'entre elles des attouchements qualifiés de viol aggravé.
L'homme, qui n'a reconnu que des massages sans intention sexuelle, a été suspendu pendant l'enquête judiciaire puis sanctionné d'une interdiction administrative définitive de tout contact avec les mineurs à partir de mars 2025. Il a finalement été interpellé un an plus tard, le 12 mars dernier, au domicile de sa mère.
L'association "Une école un avenir" dénonce la gestion municipale
Ce mercredi 15 avril, l'association "Une école un avenir" a apporté son soutien aux enfants victimes et à leurs familles devant l'Hôtel de Ville de Montpellier. L'organisation critique sévèrement la gestion de ce dossier par la collectivité, pointant des contradictions inquiétantes dans la communication municipale.
"Depuis des mois, des parents ont été laissés seuls face à des situations qu'ils ne pouvaient pas comprendre", dénonce l'association. "Malgré des premiers signalements en mars 2024, et d'autres à l'automne de cette même année, les familles n'ont reçu aucune information, aucun accompagnement. À l'école Dickens, il leur a même été demandé de se taire."
Des parents témoignent de leur désarroi
Devant l'école primaire Charles-Dickens, où l'animateur a officié pendant un an et demi, deux parents ont partagé leur expérience. Juliette Guillot, dont les enfants étaient scolarisés à Dickens, explique : "Mon grand me disait que les enfants parlaient de cet animateur comme d'un gros pervers. Après son départ, on n'a pu avoir qu'une demi-journée de sensibilisation sur le thème du consentement pour les élèves de CM2."
Sabrina, maman de deux enfants de 7 et 8 ans qui fréquentent le centre de loisirs Astérix, ajoute : "Ils disaient qu'il était très gentil. Tout le monde l'adorait. Aujourd'hui, on vit très mal tout ça. La directrice et son équipe sont anéanties."
L'enquête s'étend à d'autres établissements
L'animateur est également soupçonné d'être passé par d'autres écoles de Montpellier, dont une dans le quartier des Prés d'Arènes, ainsi que dans d'autres communes de l'est de l'Hérault. L'association souligne que l'homme a même été placé au service Prest'O, qui accueille les familles pour les questions de cantines, restant ainsi en contact avec des parents.
Face à cette situation, "Une école un avenir" demande :
- Une chronologie complète depuis mars 2024
- Le parcours exact de l'animateur
- Les modalités de contrôle d'honorabilité
- Les statistiques d'éviction d'agents pour atteinte à des mineurs
- Les protocoles de signalement
- Le plan de formation des agents
La réponse des autorités municipales
Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a déclaré lors du conseil municipal : "Partout où cet agent est passé, un travail va être fait. C'est extrêmement suivi. Nous avions demandé la révocation en conseil de discipline. Il a été sorti du contact avec les enfants."
Tasnime Akbaraly, adjointe à l'Éducation, a ajouté : "La situation est préoccupante et dramatique. Nous avons reçu les parents de l'école Dickens et du centre de loisirs Astérix. Nous avons lancé plusieurs procédures et nous nous sommes engagés à la transparence de nos actions. Nous nous porterons partie civile s'il y a lieu."
L'association pointe cependant le contexte plus large de cette affaire, évoquant des difficultés de recrutement, des conditions de travail dégradées et un manque de remplacement des personnels. Elle étudie actuellement les conditions pour se constituer partie civile dans cette affaire judiciaire.



