L'association Antoine Alléno lance une action en justice contre des entreprises étrangères
L'association Antoine Alléno a annoncé, ce mercredi, le dépôt d'une action en justice visant des entreprises chinoise et polonaise. Ces dernières sont accusées de faciliter la commercialisation détournée de protoxyde d'azote auprès des jeunes, en utilisant des bonbonnes colorées et des stratégies marketing trompeuses.
Des bonbonnes colorées au cœur du litige
La marque Cream Deluxe, gérée par l'entreprise polonaise IVM Firma Handlowa et fabriquée par la société chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, propose des bonbonnes de protoxyde d'azote aux noms évocateurs comme Strawberry Kiwi Ice ou Lady Killer. Ces produits, vendus en ligne sur des plateformes comme Ebay, arborent des visuels festifs et sont présentés comme destinés à la création de cocktails.
Yannick Alléno, chef étoilé et président de l'association, dénonce cette pratique : « Je n'en ai jamais vu en cuisine et je n'en verrai jamais. Cette action de groupe nous permet d'attaquer les producteurs qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes. » L'association, créée en mémoire de son fils décédé dans un accident de la route en 2022, réclame la cessation des activités de ces entreprises en France, sous peine d'astreinte financière, ainsi que 25 000 euros pour frais de justice.
Risques sanitaires et enjeux législatifs majeurs
Le protoxyde d'azote, souvent appelé gaz hilarant, pose des risques graves pour la santé publique. Yannick Alléno alerte : « Des jeunes perdent la mobilité, il y a des brûlures et des accidents. » En 2025, plus de 450 accidents routiers graves liés à cette substance ont été recensés, soit une multiplication par quarante en six ans.
Sur le plan législatif, l'association appelle le gouvernement à publier un décret listant les substances psychoactives, dont le protoxyde d'azote, comme constitutives du délit d'homicide routier. Parallèlement, le projet de loi Ripost, présenté au Sénat en mai, prévoit de criminaliser l'inhalation de ce gaz, avec des peines allant jusqu'à un an d'emprisonnement et 3 750 euros d'amende, et jusqu'à trois ans de prison et 9 000 euros d'amende pour conduite sous son emprise.
Cette action judiciaire s'inscrit dans un contexte de sensibilisation croissante aux dangers du protoxyde d'azote, alors que les autorités cherchent à renforcer la réglementation pour protéger la jeunesse.



