Verdict imminent dans l'affaire de l'agression de Lorenzo à Lattes
L'avocat général Jean-Christophe Tixier a requis, ce vendredi 10 avril 2026, la condamnation des six accusés jugés pour l'agression de Lorenzo Roques, survenue à Lattes près de Montpellier le 23 août 2020. Cette bagarre a laissé le jeune homme, alors âgé de 19 ans, tétraplégique, un drame qualifié par le magistrat de "cumul de la bêtise, de la méchanceté et de la lâcheté". Initialement prévu pour le mardi 14 avril, le verdict de la cour criminelle de l'Hérault devrait être rendu dès ce soir, les débats ayant été plus rapides que prévu.
Les réquisitions détaillées de l'avocat général
Jean-Christophe Tixier a demandé des peines variées pour les accusés, en fonction de leur implication dans les faits. Thelma, qui a reconnu avoir donné un coup de pied, se voit requérir trois mois avec sursis. Gianni, décrit comme un "catalyseur de la violence" lors de la soirée, risque un an sous surveillance électronique. Thomas et Brice font face respectivement à des requêtes de six mois et un an sous bracelet électronique, ce dernier ayant appelé des renforts après une altercation sur le parking de la piscine des Néréïdes.
Pour Sébastien Plo, qui a plaqué Lorenzo au sol, causant une partie de ses graves blessures, l'avocat général requiert cinq ans de réclusion, avec un mandat de dépôt différé. Lucas Barreto, accusé d'avoir frappé Lorenzo dans un fossé selon des témoignages jugés fiables, encourt huit ans de prison, également avec mandat de dépôt différé. Le magistrat a fermement rejeté la version des faits de Lucas Barreto, la qualifiant d'incohérente et inventée, soulignant que "tirer la langue, ça ne fait pas partie des gestes de secours".
Les plaidoiries et l'impact du drame
En fin de matinée, Me Muzi, avocate de la partie civile, a évoqué le choc familial profond causé par cette agression, décrivant un "véritable tremblement de terre" qui a transformé l'harmonie en chaos. Elle a rappelé que, six ans plus tard, la famille reste "ensevelie sous les décombres", avec une souffrance inquantifiable pour Lorenzo, marquant la fin de sa jeunesse. Malgré cela, elle a salué la résilience du jeune homme, qui a choisi de dépasser la haine pour trouver un sens à son histoire.
Le procès, qui a débuté mardi, a vu les débats se concentrer sur les responsabilités individuelles, avec deux accusés risquant jusqu'à 15 ans de réclusion pour les violences ayant entraîné la paralysie. La défense a maintenant la parole, et le verdict est attendu dans la soirée, clôturant une affaire qui a bouleversé la région et mis en lumière les conséquences dramatiques de la violence.



