Isabelle Adjani : 18 à 24 mois de prison avec sursis requis en appel pour fraude fiscale
Adjani : prison avec sursis requis pour fraude fiscale en appel

Isabelle Adjani face à la justice : le parquet maintient ses réquisitions en appel

Ce jeudi 2 avril 2026, le parquet général a présenté ses réquisitions devant la cour d'appel de Paris dans le procès d'Isabelle Adjani pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. L'avocat général Laurent Couderc a demandé une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis probatoire, accompagnée d'une amende de 250.000 euros avec exécution provisoire, ainsi que deux ans d'inéligibilité. Ces réquisitions visent à obtenir la confirmation totale du jugement de première instance.

Une défense centrée sur la victimisation

Présente cette fois aux débats contrairement à son premier procès, l'actrice de 70 ans a pu s'exprimer à la barre. Elle s'est défendue avec véhémence, rejetant l'image de « voleuse » et se présentant plutôt comme la « proie » de « prédateurs ». « Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux. J'ai la phobie des papiers », a-t-elle déclaré, la voix serrée par l'émotion.

Isabelle Adjani a imputé la responsabilité de ses déboires fiscaux à ses conseillers, affirmant avoir confié ses affaires à des professionnels pour qu'elles soient gérées correctement. Elle a également pointé du doigt son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle accuse de comportements répréhensibles, et l'un des gérants de sa société Isia Films.

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Les faits reprochés : domiciliation fictive et montages financiers

La condamnation en première instance reposait sur trois éléments principaux :

  • Une domiciliation fictive au Portugal en 2016 et 2017
  • La dissimulation d'une donation sous forme de prêt en 2013
  • Le transit d'une somme d'argent via les États-Unis en 2014

Concernant sa domiciliation portugaise à Carcavelos, l'actrice a soutenu y avoir « toutes ses affaires » tout en reconnaissant ne pas y être « ancrée » ni « confinée à résidence ». Une version que l'avocat général a qualifiée de « fictive », soulignant l'incohérence de cette situation.

Un procès qui révèle les failles de la gestion d'artiste

L'interrogation de l'avocat général sur la présence d'un conseiller fiscal a mis en lumière les contradictions du discours de la défense. « Je n'ai pas été capable de jauger sa virtuosité en la matière », a répondu Isabelle Adjani, reconnaissant implicitement une certaine négligence dans le suivi de ses affaires financières.

Cette affaire dépasse le simple cadre pénal pour toucher à la gestion du patrimoine des célébrités et à leur relation souvent complexe avec les obligations fiscales. Le procès met en exergue comment une artiste de renommée internationale peut se retrouver piégée par des montages financiers opaques et une confiance excessive envers ses conseillers.

La suite judiciaire et ses implications

Les réquisitions du parquet général marquent une étape cruciale dans cette procédure d'appel. La cour devra maintenant délibérer sur le maintien ou la modification de la peine initiale. Au-delà des sanctions pénales, l'enjeu inclut la réputation d'une figure majeure du cinéma français et la portée symbolique de ce procès dans la lutte contre la fraude fiscale.

Isabelle Adjani, dont la carrière s'étend sur plusieurs décennies, se trouve ainsi confrontée à l'un des défis les plus personnels de sa vie publique. Son procès illustre les difficultés auxquelles peuvent faire face les artistes dans la gestion de leur succès financier, tout en rappelant que la justice fiscale s'applique à tous, quelle que soit leur notoriété.

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