Isabelle Adjani face à la justice : le parquet requiert 18 à 24 mois de prison pour fraude fiscale
Adjani : le parquet requiert 18-24 mois de prison pour fraude fiscale

Isabelle Adjani confrontée à la justice pour fraude fiscale aggravée

La cour d'appel de Paris examine actuellement le dossier de l'actrice Isabelle Adjani, condamnée en première instance pour des irrégularités fiscales. Le parquet général a requis jeudi 2 avril une peine sévère contre la star du cinéma français, comprenant 18 à 24 mois de prison et 250 000 euros d'amende, avec exécution provisoire. Les accusations portent sur de la fraude fiscale aggravée et du blanchiment d'argent. La décision finale de la cour sera rendue le 1er juillet prochain, marquant un moment crucial dans cette affaire judiciaire complexe.

Une défense passionnée à la barre

Absente de son premier procès en 2023, Isabelle Adjani a cette fois pu assister aux débats et répondre aux questions de la cour. Cependant, selon l'avocat général Laurent Couderc, sa présence n'a pas modifié l'analyse juridique des faits. Ce dernier a demandé la confirmation totale du jugement de première instance, estimant que les éléments du dossier restent inchangés. Face à cette position ferme, l'actrice a exprimé son sentiment d'injustice, déclarant : « Je me demande s'il n'y a pas une forme d'animosité personnelle à mon endroit », s'adressant directement à Laurent Couderc, qui était déjà procureur sur son dossier en première instance.

L'actrice se présente comme victime de prédateurs

La veille des réquisitions, Isabelle Adjani s'était longuement défendue à la barre, rejetant l'image de « voleuse » et se décrivant plutôt comme la proie de prédateurs. Elle a affirmé être victime d'escroqueries successives, expliquant avec émotion : « Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux. J'ai la phobie des papiers ». L'artiste de 70 ans, la voix serrée, a ainsi tenté de justifier les manquements qui lui sont reprochés, invoquant une véritable anxiété administrative.

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Les faits reprochés et la défense de l'actrice

Isabelle Adjani avait été condamnée en première instance pour plusieurs faits précis :

  • Une domiciliation fictive au Portugal en 2016 et 2017
  • La dissimulation d'une donation en prêt en 2013
  • Le transit d'une somme d'argent via les États-Unis en 2014

Face à ces accusations, l'actrice a rejeté la responsabilité sur ses conseillers fiscaux, déclarant : « Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme ». Elle a également pointé du doigt ceux qui l'ont selon elle abusée, notamment l'un des gérants de sa société Isia Films et son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle accuse de comportements répréhensibles.

Une domiciliation au Portugal jugée fictive

L'un des points centraux du dossier concerne la domiciliation de l'actrice à Carcavelos au Portugal. Isabelle Adjani a expliqué avoir « toutes ses affaires » dans ce pays mais sans y être « ancrée » ni « confinée à résidence ». Cette version a été vivement contestée par l'avocat général qui qualifie cette domiciliation de fictive. Me Ralph Boussier, avocat de la Direction générale des finances publiques, a soutenu cette position en affirmant : « Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal ».

Les transactions financières en question

L'affaire comprend également des éléments financiers complexes, notamment concernant une somme de 2 millions d'euros versée par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d'affaires et ami de l'actrice. Isabelle Adjani a démenti avoir cherché à masquer une donation déguisée pour échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation. Elle a précisé avoir déjà remboursé 1,3 million d'euros et expliqué les modalités de cet arrangement financier. Son avocat, Me David Lepidi, a plaidé la relaxe, dénonçant « le manque d'empathie » du ministère public, une qualité dont l'actrice s'est plusieurs fois réclamée durant les audiences.

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Cette affaire met en lumière les difficultés administratives et fiscales auxquelles peuvent être confrontées les personnalités publiques, tout en soulevant des questions sur la gestion des patrimoines artistiques. Le verdict du 1er juillet sera attentivement attendu par le monde du cinéma et au-delà.