La justice new-yorkaise a annoncé, jeudi 25 juin 2026, l'abandon des poursuites pour viol contre l'ancien producteur Harvey Weinstein, après trois procès qui se sont soldés par des échecs, faute de verdict unanime des jurés. Cette décision met un terme à l'une des affaires les plus emblématiques du mouvement #MeToo.
Une saga judiciaire de six ans
Harvey Weinstein, 74 ans, était accusé de viol par une femme, dont l'identité n'a pas été révélée, pour des faits remontant à 2013. Le premier procès, en 2024, s'était conclu par un jury incapable de parvenir à un verdict, suivi de deux autres procès en 2025 et début 2026, tous deux également sans verdict. Le parquet de Manhattan a indiqué dans un communiqué que « malgré tous les efforts, il n'est pas possible d'obtenir une condamnation dans cette affaire », selon une source judiciaire.
Cette affaire était distincte de celle pour laquelle Weinstein avait été condamné en 2020 à 23 ans de prison pour viol et agression sexuelle, avant que cette condamnation ne soit annulée en 2024 par la Cour d'appel de New York, qui avait estimé que le juge avait commis des erreurs de procédure.
Les réactions des victimes et des avocats
L'avocate de la plaignante, Me Gloria Allred, a exprimé sa déception : « C'est une immense déception pour ma cliente, qui a eu le courage de témoigner trois fois. Mais nous respectons la décision du procureur. » De son côté, l'avocat de Weinstein, Me Arthur Aidala, a salué la décision : « Mon client est innocent de ces accusations, et cette décision le confirme. »
Harvey Weinstein reste toutefois incarcéré dans l'attente d'un nouveau procès en Californie, où il est accusé de plusieurs agressions sexuelles. Selon le bureau du procureur de Los Angeles, « les procédures en Californie se poursuivent indépendamment ».
Un tournant pour le mouvement #MeToo
L'abandon des poursuites a suscité des réactions contrastées. Pour l'organisation Time's Up, « cette décision ne doit pas effacer les progrès accomplis par les victimes qui ont osé parler ». Le mouvement #MeToo, né en 2017 après les premières révélations sur Weinstein, a permis une prise de conscience mondiale sur les violences sexuelles. Cependant, certains critiques estiment que la justice américaine peine à traiter ces affaires complexes.
Selon un sondage réalisé en mai 2026 par l'institut Pew, 68 % des Américains estiment que le système judiciaire n'est pas adapté pour juger les affaires de violences sexuelles, un chiffre en hausse de 12 points depuis 2020.



