Une peine de trente ans de réclusion criminelle prononcée en Corrèze
Ce samedi, le tribunal a rendu son verdict dans l'affaire du viol et du meurtre de Justine Vayrac, survenu en octobre 2022 à Brive-la-Gaillarde. Lucas Larivée, un ouvrier agricole de 24 ans, a été condamné à une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de vingt ans. Cette décision intervient après six heures de délibération des jurés, qui ont opté pour une sanction légèrement inférieure à la réclusion criminelle à perpétuité demandée par le parquet.
Un procès sous tension et une défense offensive
Durant les six jours d'audience, l'avocate générale Emilie Abrantes a décrit l'accusé comme étant « prisonnier de ses mensonges ». Pour le parquet, Lucas Larivée a mis en place « une mécanique machiavélique et glaçante » après la mort de Justine Vayrac, en enterrant le corps et en inventant un personnage pour détourner les soupçons. La défense, menée par Me Michel Labrousse, a quant à elle vivement contesté le rapport d'expertise psychiatrique, le qualifiant de « torchon » et accusant les experts d'avoir instillé l'image d'un tueur en série dans l'esprit des jurés.
La thèse de l'accident face aux éléments accablants
Depuis le début du procès, la défense a plaidé l'accident lors d'un jeu sexuel consenti, un étranglement ayant mal tourné, « sans intention de donner la mort ». Cependant, cette version a été sérieusement ébranlée par plusieurs éléments :
- Des projections de sang découvertes dans la chambre.
- Des coups portés à la victime, attestés par les expertises.
- Le témoignage d'une seconde jeune femme, étranglée deux heures après la mort de Justine lors d'une autre relation.
- Les multiples mensonges de l'accusé concernant les faits.
Vendredi, Lucas Larivée a qualifié son geste d'« irréparable et impardonnable », tout en maintenant sa thèse de l'accident, déclarant : « Je ne me pardonnerai jamais ».
Une victime décrite comme « douce et très sensible »
Justine Vayrac, âgée de 20 ans au moment des faits, a été décrite par ses parents comme une jeune femme « douce et très sensible ». Selon l'avocat de la famille, Me Olivier Guillot, elle était « alcoolisée et d'une fragilité particulière » le soir du drame, devenant « une proie de plus sur le tableau de chasse de Lucas Larivée », connu pour collectionner les petites amies. L'émotion a atteint son paroxysme lors de l'annonce du verdict, lorsque la mère de la victime a fait un pas pour enlacer celle de l'accusé, toutes deux en larmes.
Un passé judiciaire et des traits psychologiques au cœur des débats
Déjà condamné pour incendie volontaire, Lucas Larivée a été présenté par les experts psychiatres comme « intolérant à la frustration », avec des traits « de psychopathe », bien que ne constituant pas « un monstre ». La défense a mis en cause la cohérence des expertises, soulignant que dans l'affaire des incendies, aucun profil psychopathique n'avait été détecté, contrairement au présent dossier. Me Labrousse a exhorté les jurés à ne retenir que « la qualification de coups mortels », les mettant en garde contre une décision entachée de doute.



