À quelques jours de la rentrée et deux mois après la mise en cause d'Annie F., Atsem accusée de pédophilie sur des enfants de trois et quatre ans à Vic-la-Gardiole, l'académie de Montpellier a déployé des moyens pour les enfants et tenté de rassurer les parents. Ces annonces ont été faites mercredi 27 août au soir, lors d'une réunion avec les parents d'élèves, dans une ambiance qualifiée de "houleuse".
Une réunion sous le signe de la colère
Plus d'une cinquantaine de parents d'élèves de l'école maternelle de Vic-la-Gardiole ont assisté à la réunion initiée par l'académie de Montpellier, en présence de la rectrice, du préfet de l'Hérault et de la mairesse de la commune. "La réunion était très, très houleuse. Malheureusement pour eux, ce sont les premières personnes que l'on voyait, il y a eu beaucoup, beaucoup de colère", témoigne une participante anonyme, alors que la presse n'était pas admise.
Le principal grief des parents est le sentiment d'abandon et de manque de soutien depuis l'interpellation d'Annie F., l'Atsem incriminée qui conteste les faits, mise en examen pour viols et agressions sexuelles sur des enfants de petite section durant l'année scolaire écoulée.
Des mesures jugées insuffisantes
La rectrice Carole Drucker-Godard a présenté les mesures mises en place pour la rentrée du 1er septembre, mais elles ont été partiellement jugées insuffisantes. Les parents demandent notamment une rentrée échelonnée sur plusieurs jours, plutôt que par classe. "Nous demandons qu'elle soit effectuée sur plusieurs jours. Nous aurons une réponse au plus tard vendredi soir", avance une mère d'élève présente.
Un autre point de tension concerne la rencontre avec l'équipe pédagogique. De nombreux parents souhaitaient rencontrer les enseignants de l'école maternelle des Aresquiers, avec lesquels ils n'ont eu aucun contact depuis le début de l'affaire. Cette rencontre est prévue dès ce jeudi 28 août. "C'est une très bonne chose, cela fait un mois et demi que l'on attend, ce délai est beaucoup trop long", estime la participante.
Enquête administrative et demande de suspension
Enfin, l'enquête administrative ouverte sur d'éventuels dysfonctionnements dans l'organisation de l'école a été très discutée. Les parents, encore sous le choc des révélations de leurs enfants, qu'ils considèrent comme véridiques malgré les dénégations d'Annie F., s'interrogent sur d'autres responsabilités. Ils demandent "une suspension de la directrice" si des dysfonctionnements sont avérés.
Les mesures annoncées par le rectorat
Lors de la réunion, la rectrice a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative "relative à l'organisation et au fonctionnement de l'école dans sa prise en charge des élèves sur les différents temps (enseignement, pause méridienne, sieste…)", une demande forte des plaignants.
Des dispositifs d'accompagnement ont également été déployés :
- Une cellule d'écoute et de soutien, composée de psychologues et de médecins spécialisés, ouverte chaque jour à l'école depuis lundi.
- Des rencontres pédagogiques classe par classe jeudi et vendredi pour échanger avec l'équipe enseignante.
- Une rentrée échelonnée le 1er septembre pour permettre une adaptation progressive.
- De nouveaux protocoles de surveillance et de sécurité au sein de l'école.
- Un pôle de psychologues, médecins de l'Éducation nationale et assistants sociaux affecté à l'école dès le 1er septembre.
- Un enseignant supplémentaire pour renforcer l'équipe pédagogique.
Malgré ces annonces, les parents restent méfiants et attendent des réponses concrètes à leurs demandes, notamment sur le sort de la directrice et l'organisation de la rentrée.



