Le tribunal correctionnel d’Alès a jugé, jeudi 4 juin, un individu originaire de Seine-Maritime, interpellé sur un point de deal notoire du nord du Gard. Le procureur a souligné la "coloration particulière" de cette affaire, marquée par des menaces de mort et de viol.
Les faits
Tout commence le 29 mai, lorsqu’une femme habitant rue du Lozère, dans le quartier des Cévennes à Alès, signale être menacée par trois individus. Ceux-ci lui reprochent d’avoir fourni des informations sur un trafic de drogue et exigent qu’elle rembourse la dette de stupéfiants de son compagnon, récemment interpellé, sous peine de devoir se prostituer. Les policiers interpellent rapidement un homme correspondant à la description, mais il nie toute implication dans un réseau et est relâché après sa garde à vue.
Deux jours plus tard, le même homme, âgé de 28 ans, est arrêté dans la même rue, surpris en train de vendre de la cocaïne et du cannabis. Cette fois, il reconnaît les faits, expliquant qu’il dealait pour payer son billet de retour à Rouen. Arrivé une semaine plus tôt dans le Gard pour "rencontrer une fille", ce charpentier, ancien Compagnon du Devoir, admet avoir effectué de petites tâches pour le réseau le 29 mai : "J’apportais de l’aide aux "choufs" (ceux qui surveillent), à boire." Il avoue aussi avoir vendu des stupéfiants, "attiré par l’appât du gain".
Les réquisitions
Le procureur Abdelkrim Grini a relevé "une coloration particulière" dans ce dossier, insistant sur les menaces de mort et de viol subies par la riveraine. Il a mis en doute le motif sentimental du prévenu : "Il est présent sur la ville d’Alès pour s’adonner au trafic de produits stupéfiants !" Il a requis deux ans de prison, dont neuf mois avec sursis probatoire, le maintien en détention et une interdiction du Gard.
La défense
L’avocat de la défense, Me Guillaume Garcia, s’est étonné que son client, peu connu de la justice, soit jugé en comparution immédiate et fasse l’objet de réquisitions si lourdes. Il a estimé que cela découlait des menaces du 29 mai, que son client nie. "Il y a quelque chose de dégueulasse dans ce dossier, mais il n’est pas jugé pour ça", a-t-il plaidé. "On a mis ça pour colorer le dossier. Vous devez cacher vos yeux sur cela. Aujourd’hui, on juge un "jobeur" et il doit être considéré pour ça." Il a plaidé pour une peine aménageable ou un bracelet électronique, décrivant son client comme "un profil qui a fauté, qui a erré, mais qui n’est pas celui qu’on vous a présenté".
Le verdict
Le tribunal a condamné le prévenu à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire, avec maintien en détention. Il lui est interdit de séjourner dans le Gard pendant cinq ans.



