Deux amis ont été jugés devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour un trafic de drogue organisé entre La Grande Motte et Le Grau-du-Roi. L'un des prévenus, âgé de 33 ans, a été interpellé avec plus de 5 000 euros en espèces. L'autre, âgé de 29 ans, sans antécédent judiciaire, comparaissait libre.
Une affaire qui prend racine dans le milieu de la restauration
Le président Reynes a souligné que les faits se déroulaient dans le secteur de la restauration à La Grande Motte, où la consommation de stupéfiants serait banalisée. Les deux hommes étaient poursuivis pour plusieurs infractions à la législation sur les stupéfiants. Le plus jeune, sans casier judiciaire, était libre à l'audience, tandis que le second, déjà condamné à plusieurs reprises, était détenu.
Des saisies et des aveux
L'enquête de la gendarmerie a permis de saisir 5 000 euros en cash, ainsi que 200 grammes de résine de cannabis, des balances et des armes factices. Lors des auditions, le principal suspect a révélé se fournir au quartier de la Paillade à Montpellier. Il a expliqué qu'il achetait 100 grammes de shit et 100 grammes d'herbe. Le duo fonctionnait comme un trafiquant et un apporteur d'affaires, ce dernier rabattant des clients vers son ami, qui générait selon lui entre 5 000 et 10 000 euros de bénéfices par mois.
Le procureur adjoint Frédéric Kocher a interrogé le détenu sur la provenance de l'argent : « Je ne connais personne qui a 5 000 euros sur lui. » Le prévenu a répondu : « C'était en grande partie l'argent du chômage, je n'aime pas laisser l'argent à la banque. »
Un passé judiciaire chargé
Le trentenaire affiche une dizaine de condamnations, notamment pour vols, recel, port d'armes et infractions aux stupéfiants. Il a déjà passé cinq ou six ans en prison. Malgré cela, il se présente comme un homme dynamique : « J'ai de l'énergie et j'aime la transmettre », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il est coach sportif et qu'il développe une marque de vêtements.
Les réquisitions et la défense
Le parquet a requis deux ans de prison ferme contre le dealer et 10 à 12 mois avec sursis contre son acolyte. La défense a plaidé la clémence. Me Estelle Marques-Freire, avocate du second prévenu, a souligné la banalisation de l'usage de drogue et la collaboration de son client à l'enquête. Me Manon Casteran, pour le principal suspect, a demandé un aménagement de peine.
Le verdict
Après délibéré, Aboubakary Y. a été condamné à trois ans de prison ferme, avec maintien en détention. L'autre prévenu a écopé de six mois avec sursis et a été partiellement relaxé.



