Tirs à la carabine visant des enfants : polémique sur des propos racistes
Tirs à la carabine : polémique sur des propos racistes

Une enquête ouverte après des tirs à la carabine visant des enfants

Une enquête est ouverte après des tirs à la carabine visant des enfants à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire. L'affaire prend une dimension polémique concernant la prise en compte de propos racistes par les forces de l'ordre. Un homme de 65 ans a sorti sa carabine dimanche 19 avril dans une résidence et a tiré à proximité d'un groupe d'enfants qui jouaient au ballon. Interpellé, il a admis avoir « tiré en l'air » après avoir été traité de « sale blanc », selon la police. À l'issue de sa garde à vue, le sexagénaire a été renvoyé devant la justice pour « violences avec arme » et sera jugé le 7 juillet au Puy-en-Velay.

Des témoignages divergents sur les faits

Cependant, un enfant de 10 ans assure avoir été visé et rapporte des insultes racistes. « Il a mis en joue mon fils en disant "dehors sales nègres et sales arabes" », a affirmé Noredine Ezbiti, 45 ans, qui a porté plainte le jour même. « J'ai bien fait état des propos racistes lors de mon dépôt de plainte mais ça n'a pas été retenu, je crois que l'enquête a été bâclée », a-t-il ajouté en marge d'une manifestation samedi dans la ville. Selon des voisins, le problème était « récurrent ». Zahia Essebbah, 23 ans, assure : « La semaine dernière, je l'ai entendu dire aux enfants : "sales nègres, bande de bougnoules, espèce de babouin…" juste parce qu'ils faisaient trop de bruit pour lui ». Une vidéo plus ancienne, diffusée sur les réseaux sociaux, montre d'ailleurs le sexagénaire assumer être « raciste ».

SOS Racisme affirme sur son site que « plusieurs personnes indiquent avoir fait état, lors de leur audition au commissariat, des propos injurieux à caractère raciste qui ne figurent pas dans la plainte transmise au procureur ». L'association s'inquiète « de ces éléments, qui interrogent sur les conditions de traitement des signalements et de la prise en compte de la dimension raciste des faits dénoncés ». Après un signalement de SOS Racisme et du Mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples (Mrap) ainsi qu'un nouveau dépôt de plainte des parents, le parquet a ouvert une seconde enquête mercredi, cette fois pour « injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion ».

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Une procédure judiciaire approfondie

« Cette nouvelle enquête est en cours, avec des recueils de témoignages auprès de personnes du quartier », indique le parquet. Les premières « auditions signées ne font effectivement pas état de propos à caractère raciste », rappelle le parquet, qui assure toutefois « faire le point pour identifier si les propos du père et/ou du fils ont pu ne pas être mentionnés » dans les procès-verbaux dressés au commissariat.

L'affaire a pris une tournure politique et plusieurs élus de gauche ont réagi sur X, dénonçant « une véritable chasse à l'enfant de couleur ». Mardi, lors des questions au gouvernement, Antoine Léaument, député LFI, a estimé que « cette affaire devrait choquer la France entière. Ce sont des enfants. Mais la parole des victimes est niée ». Il a également demandé : « Pourquoi l'agresseur est-il toujours en liberté à cette heure ? ». Sabrina Sebaihi, députée du groupe écologiste, a évoqué un sentiment de « deux poids deux mesures ». Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a répondu que l'individu « dit qu'il est fier d'être raciste. Mais au moment de la première procédure, ces faits n'ont pas été portés à connaissance », estimant que ces propos « sont évidemment très condamnables ». Concernant la vidéo diffusée, « où on le voit tenir ces propos ignobles, on a de bonnes raisons de penser qu'elle a été tournée au même endroit que l'usage initial de l'arme. Et donc, évidemment qu'il va y avoir des poursuites », a-t-il assuré. Depuis, le bailleur social a trouvé un autre logement au sexagénaire, à la campagne et à proximité du Puy-en-Velay.

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