Teknival de Lozère : un organisateur condamné un an après
Teknival Lozère : un organisateur condamné

Jeudi 4 juin 2026, le tribunal correctionnel de Mende a rendu son verdict concernant le teknival organisé en juillet 2025 sur le site de la Gardille, à Chabalier, commune de Mont-Lozère-et-Goulet. Ce rassemblement avait attiré près de 12 000 participants, créant une véritable ville éphémère au cœur du massif lozérien, à environ 35 kilomètres de Mende.

Des activités commerciales improvisées

Parmi les cinq prévenus, deux étaient poursuivis pour travail dissimulé. Théo G., qui vendait des sandwichs, a reconnu les faits. Il a déclaré avoir réalisé un chiffre d'affaires d'environ 350 euros pour un bénéfice de 190 euros. « Comme ce n'était pas un événement autorisé, il ne m'est pas passé par l'esprit de déclarer mon stand », a-t-il expliqué. Son avocate, Me Marianne Rostan, a souligné que l'Urssaf ne s'était pas constituée partie civile. Théo G. a été condamné à trois mois de prison avec sursis simple et à la confiscation de 190 euros.

Léo G., trentenaire originaire du Sud-Aveyron, était accusé d'avoir organisé une buvette et d'avoir participé à l'organisation du teknival. Il a affirmé n'avoir été qu'un intermédiaire pour des Italiens rencontrés lors d'un voyage en Afrique, sans connaître leur identité. « Je ne parle pas italien, on ne parle qu'anglais. Je ne connais que leurs surnoms », a-t-il déclaré. Les enquêteurs ont découvert dans son camion du matériel d'éclairage, des échafaudages et un barnum. Il a expliqué avoir simplement aidé à l'installation. « Dans ce genre d'événement, tout le monde met la main à la pâte », a-t-il justifié. Les magistrats sont restés sceptiques, d'autant que 4 900 euros en liquide ont été retrouvés sur lui, qu'il dit provenir de la vente de son camion à son grand-père.

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Violences lors de l'évacuation

L'audience a également porté sur les incidents survenus lors de l'évacuation du site le 15 juillet 2025. Léo G., Juliette S., Étienne P. et Théophile W. étaient poursuivis pour violences sur les forces de l'ordre et dégradations de matériel. Me Marianne Rostan a demandé l'annulation de la procédure visant Juliette S., affirmant qu'elle avait subi des violences disproportionnées. « Elle a reçu deux coups de matraque et on lui a tiré les cheveux alors qu'elle était au sol », a plaidé l'avocate. Les magistrats ont finalement relaxé Juliette S. Théophile W. a affirmé que le mortier d'artifice retrouvé dans son pantalon deux heures après les affrontements avait été ramassé « pour ne pas salir la nature ». Léo G. a justifié son port d'un masque à gaz et de lunettes comme une protection contre les forces de l'ordre. Étienne P. a déclaré être sorti de son véhicule pour porter secours à des blessés, mais des gendarmes l'ont identifié comme l'un des auteurs de jets de projectiles.

Les condamnations

Léo G. a été reconnu coupable de travail dissimulé et d'avoir participé à l'organisation du teknival malgré l'interdiction. Relaxé pour les violences, les dégradations et l'organisation sans déclaration préalable, il a été condamné à un an de prison intégralement assorti d'un sursis probatoire de deux ans, avec obligations de travail et de formation. Ses 4 900 euros ont été saisis. Étienne P., relaxé pour les dégradations mais coupable de violences, a écopé de six mois de prison avec sursis simple. Théophile W. a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour violences. Les demandes du conseil départemental de la Lozère et de l'État ont été rejetées, mais le Sdis de la Lozère a obtenu partiellement gain de cause : Léo G. devra verser environ 8 000 euros.

En reconnaissant le rôle de Léo G. dans l'organisation du rassemblement, le tribunal a désigné pour la première fois l'un des organisateurs de ce teknival.

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