Un jeune homme de 22 ans originaire de Gardanne a été jugé en comparution immédiate le lundi 2 février 2026 au palais de justice d'Alès, dans le Gard, après la découverte de drogue dans le véhicule où il se trouvait. L'audience a été marquée par un échange tendu entre le prévenu et la présidente du tribunal, Élodie Thebaud.
Un prévenu insolent face à la juge
Dès le début de l'audience, le ton est monté. La présidente, agacée par l'attitude du jeune homme, lui a lancé : "Vous me parlez sur un autre ton !" Loin de se calmer, le prévenu a répliqué : "Je parle comme je veux ! Vous voulez me mettre dedans pour rien. Sortez-moi une preuve que j'étais dans la voiture…" Une attitude jugée à la limite de l'arrogance et de l'insolence.
Les faits : une voiture repérée en pleine nuit
Les faits remontent au 31 janvier, à 1 h 15 du matin. Les militaires du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) avaient repéré une voiture stationnée à l'arrière d'une grande surface de Saint-Martin-de-Valgalgues, suspectant une tentative de cambriolage. À leur approche, deux individus ont pris la fuite. L'un d'eux, le prévenu, a été rattrapé et placé en garde à vue avant d'être jugé en comparution immédiate.
Dans le véhicule, les gendarmes ont découvert environ 400 g de cannabis et 110 g de cocaïne, ainsi que de nombreuses informations liées à un potentiel trafic de drogue dans le smartphone du suspect.
Des déclarations contradictoires
Lors de l'instruction, le mis en cause a d'abord reconnu les faits, déclarant "je n'ai rien à ajouter". Mais très vite, il a changé de version : "La voiture ne m'appartient pas ; je ne sais pas ce qu'il y a dedans. J'ai pris la fuite car j'ai eu peur sur le moment, c'est tout !"
Le procureur Abdelkrim Grini n'a pas été convaincu. Pour lui, "manifestement, (ce jeune) participe à un trafic de produits stupéfiants". Il a requis 30 mois de prison, un maintien en détention et une interdiction de paraître dans le Gard pendant au moins cinq ans.
La défense plaide la clémence
L'avocate de la défense, Me Olivia Betoe, a plaidé pour une peine plus mesurée. "Les faits ne sont pas reconnus ; il a des éléments qu'il vous donne…", a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : "Je vous laisserai le soin d'arbitrer. Je m'en rapporte à la sagesse du tribunal." Elle a reconnu que l'attitude de son client n'avait pas été exemplaire, mais a estimé que "l'on peut revenir à de plus justes proportions si vous le retenez dans les liens de la prévention".
Juste avant le délibéré, le jeune homme a présenté des excuses tardives, mais son comportement durant l'audience n'a pas été oublié.
La condamnation
Le tribunal a condamné le prévenu à 24 mois de prison, dont 18 avec sursis simple, assortis d'un maintien en détention. Il devra également payer une amende de 3 000 € et respecter une interdiction de se rendre dans le Gard pendant cinq ans.



