Le 9 décembre dernier, un homme de 33 ans a été interpellé au péage de Nîmes est lors d'un contrôle routier. Les forces de l'ordre ont découvert plusieurs pochons de cannabis et de cocaïne dissimulés dans le poste radio de son véhicule. Deux téléphones portables ont également été saisis, contenant des captures d'écran suggérant une activité de trafic de stupéfiants.
Un consommateur invétéré selon la défense
À la barre, le prévenu a affirmé être un simple consommateur de stupéfiants depuis plus de 16 ans. Il a expliqué qu'il avait l'habitude de commander ses produits via un service de livraison surnommé "Uber shit", mais que ce jour-là, le livreur ne répondait pas, l'obligeant à se rendre directement sur un point de deal. "Je regardais la qualité des produits. Avec mon pote, on a l'habitude de s'envoyer le menu en début de mois, quand on a la paye, pour savoir ce que l'on prend", a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur sa réinsertion professionnelle et familiale, affirmant qu'il travaillait et s'occupait de ses enfants. Cependant, le procureur Stéphane Bertrand a exprimé son scepticisme, soulignant que le prévenu avait déjà été condamné à deux reprises pour des faits similaires. "Il vous parle de la façon dont il a institutionnalisé ce délit qui est puni de 10 ans d'emprisonnement. Et il vous parle de réinsertion. Sauf qu'on le retape pour les mêmes faits", a-t-il martelé, requérant 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt et confiscation des scellés.
Relaxe partielle et condamnation
L'avocate de la défense, Me Ludivine Gloriès, a plaidé pour une relaxe partielle, arguant que son client ne pouvait être accusé de trafic de drogues, mais seulement de consommation personnelle. Elle a demandé la relaxe pour l'usage de stupéfiants, le dépistage s'étant avéré négatif, et pour la non-justification de ressources, estimant que l'enquête n'avait pas établi que les sommes trouvées provenaient de la vente de drogue.
Le tribunal a partiellement suivi ses arguments : le prévenu a été relaxé pour l'usage et la non-justification de ressources, mais condamné pour détention et transport de stupéfiants. La peine prononcée est de 12 mois d'emprisonnement assortis d'un sursis probatoire, avec obligations de soins, de travail et de régler les sommes dues au trésor public.



