Stage de citoyenneté pour lutter contre le racisme à Montpellier
Stage citoyenneté contre racisme à Montpellier

Le tribunal judiciaire de Montpellier a présenté, ce jeudi 4 juin, une nouvelle réponse pénale face à la recrudescence des actes et propos racistes, antisémites et homophobes : un stage de citoyenneté de deux jours, financé par les mis en cause, pour aborder les notions de République, de laïcité, de discrimination et d'injure publique.

Un contexte alarmant

Les actes antisémites, anti-religieux et discriminatoires se multiplient dans le ressort du tribunal. En 2025, 120 affaires ont été enregistrées, incluant violences et atteintes aux biens. Des incidents récents, comme l'incendie devant la synagogue de La Grande-Motte en août 2024, des tags islamophobes sur la mosquée du Petit-Bard à Montpellier en octobre dernier, ou encore une femme victime d'insultes racistes dans le tramway, illustrent cette tendance.

Un stage pour éduquer et responsabiliser

La présidente du tribunal, Catherine Lelong, et le procureur de la République, Thierry Lescouarc'h, ont signé une convention de partenariat avec plusieurs acteurs locaux. La première session se déroulera les 24 et 25 juin. Le stage vise à rappeler les principes fondamentaux de la République, la laïcité, le vivre-ensemble, ainsi que les limites de la liberté d'expression, en s'appuyant sur les textes de loi et l'Histoire.

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Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Castelnau-le-Lez et le Musée du Désert de Mialet (Gard) interviendront pour apporter un éclairage historique sur les processus discriminatoires et génocidaires. Le financement est à la charge des participants.

Une peine alternative ou complémentaire

Selon Catherine Lelong, « prononcer une peine d'amende ou de prison avec sursis ne suffit pas. Il faut associer cela à une prise de conscience de l'impact de son comportement sur la victime et la société ». Le procureur ajoute que ce stage peut constituer une peine principale ou complémentaire, s'inscrire dans un sursis probatoire ou un aménagement de peine, afin d'engager le dialogue et combattre les idées reçues.

Le Service de contrôle judiciaire et d'enquête (SCJE), assurant l'organisation logistique, proposera des échanges interactifs plutôt qu'une communication verticale. « Nous aborderons la différence entre préjugés, stéréotypes, discrimination directe et indirecte, en montrant l'évolution historique, la loi et des exemples de condamnations », explique Karine Looten, directrice du SCJE.

Des partenaires engagés

Maxime Rosier, avocat montpelliérain et président de la Licra Montpellier-Hérault, partenaire du projet, souligne : « Face à des valeurs de fraternité et de laïcité qui se dissolvent, il faut de justes peines mais aussi de la pédagogie. Éduquer autant que possible. » Il cite la violente agression antisémite d'un homme à Anduze (Gard) le 30 avril dernier comme exemple préoccupant.

Anik Deschamps, du Musée de la Résistance et de la Déportation, insiste sur la nécessité de « montrer les processus par lesquels on arrive à un génocide, qui commencent souvent par de petits mots ». Le procureur a salué le travail des forces de l'ordre dans ces enquêtes, permettant de caractériser les infractions grâce aux témoignages, vidéos et empreintes.

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