À La Grand-Combe, ce dimanche 3 mai, près de deux cents élus, habitants, membres de la communauté musulmane, représentants de l’État et anonymes ont participé, dans une vive émotion, à l’inauguration du square Aboubakar-Cissé, situé à proximité de la mosquée Khadidja, dans le quartier de Trescol. Un an après l’assassinat du jeune Malien de 22 ans, tué le 25 avril 2025 dans ce lieu de prière, la commune a souhaité inscrire son nom dans l’espace public, au plus près de l’endroit où sa vie a été fauchée.
Un lieu chargé de symboles
La plaque, posée sur une stèle de granit, prend place près d’un figuier, non loin d’autres symboles déjà présents, comme la plaque offerte par l’Union des étudiants juifs de France, ainsi qu’un olivier, arbre de paix planté l’an passé par Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes. Les enfants de la communauté musulmane ont interprété un chant de prière coranique à la mémoire d’Aboubakar Cissé, avant que l’imam Salim Touazi ne prenne la parole.
Des discours empreints d’émotion
L’imam a déclaré : « Il y a un an, le temps s’arrêtait pour Aboubakar Cissé. Un an que l’horreur a frappé, nous laissant dans la sidération. Le temps n’efface ni le souvenir ni l’exigence de justice. Face à la violence aveugle, nous restons debout, unis, déterminés. » La maire, Pascale Eugène, a exprimé l’émotion et la grande tristesse de la population : « Aboubakar était jeune, il avait la vie devant lui. C’était un garçon tranquille, poli, qui vivait simplement et sans histoire. Il était arrivé ici à La Grand-Combe, terre d’accueil, de tolérance, de bien vivre ensemble, et il y avait toute sa place. »
Patrick Malavieille, vice-président du conseil départemental du Gard et maire honoraire, est revenu sur le choc du 25 avril 2025 : « Nous étions abasourdis, sonnés, pétrifiés et ravagés par la douleur et la colère. J’ai pris conscience immédiatement que cette terrible journée serait une des pages les plus noires de notre ville. » Il a appelé à ne pas oublier Aboubakar, ni « toutes les victimes d’actes criminels en raison de leur appartenance ethnique, religieuse, politique ou de leur orientation sexuelle. »
Des soutiens multiples
Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, a salué « un moment important », estimant qu’il n’était « pas question de s’habituer ou d’accepter ce qui s’est passé ici ». Sory Ibrahima Kaba Diakité, consul du Mali, a remercié la commune et les autorités françaises : « Vous montrez par ce geste que la haine n’a pas sa place dans votre ville », a-t-il souligné, rappelant l’élan de solidarité né dès les premières heures du drame. Émile Soumbo, sous-préfet de l’arrondissement d’Alès, a pour sa part rappelé « la violence extrême » d’un acte commis « dans un lieu de paix et de respect » et la mobilisation immédiate de l’État.
Un hommage qui perdure
Sophie Lalanne, qui connaissait Aboubakar depuis ses 17 ans, a évoqué la vie de celui qu’elle considérait « comme son fils », annonçant vouloir faire vivre un programme baptisé « Aboubakar au cœur ». C’est enfin Djibril Cissé, oncle d’Aboubakar, qui a remercié l’assistance au nom de la famille, avant de conclure avec conviction : « Plus jamais ça. »



