Une colonie de sangliers s'installe près du sentier de Parme à Biarritz
Une colonie d'une quinzaine de sangliers se serait établie non loin du sentier de Parme, un itinéraire très prisé par les promeneurs de la région. Cette situation inédite a conduit les autorités locales à envisager sérieusement l'organisation d'une battue dans les prochains jours pour réguler cette population animale devenue envahissante.
Un sentier devenu paradis pour les sangliers
Le sentier de Parme, qui part depuis une aire occupée par des chevaux en bordure de la piste de l'aéroport de Biarritz, offre une vue magnifique jusqu'au pic du Midi d'Ossau. En traversant la route de la Tour-de-Lanne, ce chemin conduit jusqu'au lavoir de Bessouy, situé à 2,6 kilomètres. Durant les confinements, de nombreux Angloys découvrirent cette promenade salvatrice, ce qui en fit un succès immédiat. Le Conseil des quartiers fit d'ailleurs aménager et baliser ce lieu unique pour accueillir les marcheurs.
Cependant, le long hiver froid et pluvieux a sérieusement délabré le sentier. Mais les dégradations ne sont pas uniquement dues aux intempéries. Les habitués des lieux et les habitants de ce secteur protégé ont noté des empreintes suspectes qui ont rapidement délié les langues. Mohammed, résidant à Houndaro non loin de là, se retrouve désormais privé de son footing habituel en raison de cette présence animale.
La migration des sangliers vers leur nouvel écosystème
Selon plusieurs témoignages concordants, depuis l'été dernier, une colonie d'une quinzaine de sangliers aurait traversé la zone sud de la piste de l'aéroport en provenance de Bassussary-Sutar et de la rue de Labordotte vers la zone de Pitoys et le chemin de la Carrière. Quelques riverains commencèrent alors à signaler ces mouvements inhabituels.
Les animaux auraient ensuite traversé le nord de la piste de l'aéroport, faisant une halte du côté de Juzan avant de migrer vers l'aire de Tamalou pour finalement gagner le chemin menant au lavoir de Bessouy où ils ont établi leur écosystème. Leur paradis se compose principalement de la zone recouverte de « queues-de-renard » aux longues tiges à plumets, communément appelée « herbe de la pampa » sur la partie droite du sentier, mais aussi de la descente depuis le lavoir de Bessouy vers le chemin de l'Ermite, en partie propriété privée de François Bourthayre.
Plus loin, une mare et l'humidité générale des lieux en font un habitat idéal pour ces sangliers. François Bourthayre, propriétaire concerné, a déjà établi une clôture électrique en bordure du ravin pour tenter de les repousser, mais les abords en pelouse de sa piscine ont été « hachés » par ces visiteurs indésirables. Il souhaiterait légitimement que des pièges soient installés pour mettre fin à ces dégradations.
Une battue délicate à organiser
La mairie a pris les choses en main pour s'attaquer à ce problème qui devrait logiquement être traité par l'association intercommunale de chasse Saint-Hubert Côte basque avant la période des amours. La solution envisagée se traduirait par une battue, mais cette opération s'annonce particulièrement délicate pour deux raisons principales.
Premièrement, la proximité immédiate d'habitations dans le secteur représente un risque évident pour la sécurité des riverains. Deuxièmement, et non des moindres, le chemin de Parme jouxte directement la piste de l'aéroport de Biarritz, régulièrement surveillée sur l'intégralité de son parcours par une voiture jaune chargée d'effrayer les oiseaux et de repérer les nuisibles, comme des lapins qui pourraient s'être infiltrés sous les grilles de protection de la piste avant chaque atterrissage ou décollage des vols commerciaux.
« Les grilles sont épaisses et profondément enfouies », constate un habitué des lieux. Autant dire que le créneau de cette battue, qui ne durera que quelques heures, sera étudié avec une extrême précision, avec une force de personnel de sécurité importante, tout en tenant compte du trafic aérien des vols commerciaux. Cette opération interdira également temporairement les rotations des petits avions de l'aéroclub local.
Un contexte historique et familial intéressant
Ceux qui regrettent une « forte » densité immobilière dans la région constateront avec ironie que des sangliers y ont trouvé – provisoirement – une superficie paradisiaque. François Bourthayre, le propriétaire affecté, est un très proche parent du Biarrot Jean-Pierre Bourtayre, décédé en 2024, qui fit le bonheur des années Claude François.
Débutant lors des années Yéyé pour Dick Rivers ou Richard Anthony, Jean-Pierre Bourtayre est le créateur de nombreux tubes français, dont « Y'a le printemps qui chante », « Le téléphone pleure », « Magnolias for Ever » ou encore « Alexandrie Alexandra ». Il devint le directeur artistique de Claude François jusqu'à sa mort en 1978, puis se rapprocha du compositeur de Michel Sardou, Jacques Revaux, créant « Vladimir Ilitch » en 1983 et « Chanteur de Jazz ».
Il fut de retour à Biarritz pour la préparation de l'album « Les Lacs du Connemara ». Comme il a créé des tubes pour Françoise Hardy, Jacques Dutronc (« Gentleman cambrioleur ») ou Richard Anthony, Jean-Pierre Bourtayre a également composé la chanson « Un banc, un arbre, une rue » pour la chanteuse Séverine qui remporta l'Eurovision en 1971 alors qu'elle représentait Monaco. Bon sang ne saurait mentir : son père Henri créa également des chansons pour Tino Rossi et Luis Mariano, évidemment.