Confirmation en appel de la saisie du château d'Auberoche, écrin d'une vaste escroquerie
Saisie du château d'Auberoche confirmée en appel

La saisie pénale immobilière du château d'Auberoche, situé à Fanlac en Dordogne, a été confirmée en appel. Le 2 avril 2026, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a validé l'ordonnance de saisie prise le 7 mai 2025.

Un domaine somptueux au cœur du Périgord

Le château d'Auberoche, édifié entre les XIVe et XVIIe siècles, est une demeure d'exception nichée dans le Périgord noir. Il s'étend sur 130 hectares de prairies et de bois. En 2018, cet écrin a attiré la convoitise de Lénaïc Peignot, un homme d'affaires girondin se présentant comme un professionnel du commerce de voitures de luxe.

Un stratagème bien rodé

Ce quadragénaire aurait attiré des amateurs de véhicules de collection en leur proposant d'acheter à bas coût en Allemagne des Porsche, Aston Martin ou Bentley, avec la promesse de les revendre en France avec une plus-value substantielle. Une douzaine de clients lui ont fait confiance, mais aucune voiture ne leur a été livrée. L'une des victimes a même versé 1,3 million d'euros.

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Les plaintes pour escroquerie se sont accumulées, menant à une enquête de la police judiciaire bordelaise. Lénaïc Peignot a été placé en garde à vue. Les investigations ont montré que l'argent collecté servait à des fins personnelles, notamment pour financer des travaux d'entretien du château qu'il occupait après avoir signé une convention d'occupation précaire avec un seul des membres de l'indivision de la famille Rouzaud, propriétaires des lieux.

4,3 millions d'euros détournés

Mis en examen pour escroquerie en bande organisée et blanchiment, Peignot a reconnu s'être présenté comme le véritable propriétaire du château en produisant une fausse attestation notariée. Dans leur arrêt, les magistrats de la chambre de l'instruction ont conclu que le produit infractionnel des escroqueries et du blanchiment s'élevait à 4,3 millions d'euros entre octobre 2020 et mai 2023. Ils ont estimé que le bien immobilier était passible de confiscation en tant que valeur de ce produit.

Lénaïc Peignot, qui conteste la qualification des faits, bénéficie de la présomption d'innocence.

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