Un conflit de voisinage qui résonne à Saint-Christoly
Dans le bourg de Saint-Christoly, une tension palpable oppose désormais un collectif de riverains à l'entreprise Tout faire métaux (TFM). Installée depuis 2023 à l'intersection de la rue de La Poste et du Pont-Petit, cette société spécialisée dans la récupération et le tri de ferrailles est au cœur d'une polémique concernant son impact sur la qualité de vie du quartier.
Des nuisances sonores au cœur des préoccupations
Le collectif, représentant une dizaine d'habitations, affirme que l'activité de l'entreprise génère des nuisances sonores importantes. « On est obligé de mettre de la musique chez soi pour couvrir le bruit », témoigne une riveraine, tandis que d'autres décrivent une situation « assez infernale » dans les jardins. Le 7 juillet dernier, à la demande des habitants, un contrôle acoustique réalisé par la Dréal a révélé des dépassements sonores allant jusqu'à 8,5 décibels, malgré une activité réduite ce jour-là.
Au-delà du bruit, les riverains pointent du doigt le « ballet » incessant des camions-bennes et des remorques qui viennent alimenter l'entreprise. « Parfois on voit des remorques ou des bennes remplies à ras bord et à ciel ouvert. C'est potentiellement dangereux si un élément tombe, ça arrive d'ailleurs d'en retrouver sur la route », souligne un membre du collectif.
Des conséquences sur la santé et le cadre de vie
Pour ces habitants, ce coin « où on est venus s'installer parce que c'était tranquille » est devenu invivable. Ils évoquent des troubles du sommeil, une fatigue persistante et une dépréciation potentielle de la valeur de leurs maisons. « Nous n'avons rien contre cette entreprise mais son activité a sa place dans une zone industrielle pas dans un centre-bourg », insistent-ils, reconnaissant toutefois que TFM a réduit ses horaires de travail.
L'entreprise défend sa position et ses efforts
Nicolas Bourgeat, cogérant de la société qui emploie six personnes plus deux intérimaires, explique que l'installation à Saint-Christoly répondait à une croissance rapide de leur activité démarrée en 2021. « Nous ne nous sommes pas installés à la sauvage. Nous avons sollicité toutes les autorisations de la mairie et de la Dréal, vis-à-vis de laquelle nous sommes en règle », affirme-t-il.
L'entrepreneur met en avant les efforts déjà consentis : réduction des horaires de travail, arrêt de l'activité le samedi, et location d'un nouveau terrain pour déplacer certaines opérations. « Les gars travaillent six heures par jour mais on les paie pour sept. Tout cela nous fait perdre de l'argent », précise-t-il, tout en rappelant que son entreprise compte également des soutiens locaux.
Une proposition de mur qui ne convainc personne
La suggestion d'ériger un mur de 5 mètres de hauteur pour atténuer le bruit ne satisfait aucune des parties. Les riverains craignent que cela ne « défigure le paysage », tandis que l'entreprise estime le coût prohibitif (au moins 50 000 euros).
La mairie cherche une solution
Murielle Picq, représentant la mairie, reconnaît la complexité du dossier. « Nous n'avions pas les moyens de s'opposer à leur installation, d'autant qu'ils n'ont pas eu à déposer de permis de construire, le bâtiment était déjà là », explique-t-elle. Consciente des désagréments causés par le bruit et l'afflux de camions, elle affirme que la mairie et la Dréal sont en contact pour trouver un autre endroit pour la société et mettre fin à ce conflit qui divise la commune.



