Ce vendredi 12 juin, la cour d'assises du Gard a rendu son verdict dans le procès de Kellian M., accusé d'avoir poignardé son ami à quatre reprises lors d'une soirée alcoolisée le 3 juillet 2021. La tentative de meurtre et la préméditation ont été écartées, mais l'accusé a été condamné à cinq ans de prison, dont trois assortis d'un sursis probatoire de trois ans, pour violences aggravées avec arme et en état d'ivresse manifeste.
Les faits et la défense de l'accusé
Lors de son audition, Kellian M. a expliqué son geste par la colère : « Ce qui m'a mis en colère, c'est qu'il vienne devant chez ma mère, qu'il m'insulte, moi et ma mère. » Il a évoqué une rancœur accumulée, affirmant avoir pardonné beaucoup de choses. Interrogé sur le choix du couteau, il a soutenu qu'il s'agissait d'une intention dissuasive, mais un assesseur a souligné qu'il avait caché l'arme au lieu de l'exhiber.
Le président Christian Pasta a alors soulevé la requalification des faits en violences aggravées, un délit passible de dix ans de prison. L'accusé a nié toute intention de tuer, déclarant : « Je ne suis pas un criminel. »
Les positions des parties civiles et du ministère public
Me Aurélien Vergani, avocat de la victime absente, a contesté la requalification, estimant que la volonté de tuer « ne fait pas l'ombre d'un doute » et a dénoncé un acharnement sur le thorax. L'avocate générale a écarté la tentative de meurtre, jugeant les éléments insuffisants, mais a retenu la préméditation et requis sept ans de prison, soulignant la dangerosité de l'accusé et l'absence de remords.
La défense conteste la préméditation
Me Khadija Aoudia, avocate de la défense, a plaidé pour un acte spontané, lié à une colère incontrôlée provoquée par une atteinte à un être cher. Elle a demandé à la cour de ne pas envoyer son client en prison, rappelant ses quatorze mois de détention provisoire dans des conditions indignes. L'accusé a présenté ses excuses avant que la cour ne délibère.
Le verdict
Après deux heures de délibération, la cour a écarté la tentative de meurtre et la préméditation. Kellian M. a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis probatoire de trois ans, pour violences aggravées par deux circonstances (alcool et arme). La peine inclut une interdiction de port d'armes pendant cinq ans et une inéligibilité de trois ans.



