À l'occasion de la marche des fiertés de Saint-Quentin, la communauté LGBT+ de l'Aisne s'est rassemblée samedi 6 juin sur le square Churchill, derrière la basilique de cette ville de 52 000 habitants. Un village associatif et un spectacle de drag queens étaient prévus avant un défilé dans le centre-ville.
Des attaques politiques
Alors que le parti d'extrême droite Reconquête ! avait déjà tenté de faire déplacer l'événement, qui se tient pour la troisième fois derrière la basilique, plusieurs députés du Rassemblement national, l'association zemmouriste des Parents vigilants et des médias réactionnaires ont pris pour cible, mercredi, le spectacle de drag queen organisé lors de cette Pride picarde.
Sur le réseau social X, le député RN du département Eddy Casterman a annoncé avoir saisi le procureur de la République pour « apologie de la pédophilie » et « corruption de mineur ». En cause, selon lui, les paroles « j’aime en secret tripoter mon fils », entendues et filmées par une caméra lors de la performance de l’une des drag queens. L’élu a également rapproché cette séquence de l’affaire Lyhanna, dénonçant « l’ignominie pédophile que des enfants ont pu entendre le 6 juin ».
Réactions et défense
Les organisateurs de la Pride ont fermement dénoncé ces accusations, les qualifiant de diffamatoires et de tentative de stigmatisation de la communauté LGBT+. Ils rappellent que le spectacle était destiné à un public adulte et que des mesures avaient été prises pour éviter tout contenu inapproprié pour les mineurs. Plusieurs associations de défense des droits LGBT+ ont exprimé leur soutien et appelé à ne pas céder à la pression politique.
Cette polémique intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des événements Pride en France, où des groupes d'extrême droite tentent régulièrement de discréditer ces manifestations. La marche des fiertés de Saint-Quentin a néanmoins pu se dérouler dans le calme, rassemblant plusieurs centaines de participants.



