Un conflit urbain autour des déchets de la pizzeria Mister Pizza
Le stockage des bacs de déchets de l'établissement Mister Pizza, situé place de la République, génère actuellement des tensions importantes entre les gérants, la municipalité et le syndicat mixte de traitement des déchets Cyclad. Alors que l'encombrement du trottoir et diverses nuisances sont pointés du doigt par les autorités et certains riverains, une solution est activement à l'étude pour parvenir à concilier les strictes règles d'hygiène alimentaire avec l'impératif d'accessibilité piétonne.
Des gérants confrontés à un dilemme insoluble
Installés depuis mai 2025, Johnny Tesseron et Kévin Boulanger sont les cogérants de la pizzeria Mister Pizza. Tout semblait fonctionner correctement jusqu'à ce que la gestion de leurs déchets devienne une source majeure de conflit avec la mairie et le syndicat Cyclad. La situation s'est particulièrement aggravée la semaine dernière lorsque le conteneur d'emballages, reconnaissable à son couvercle jaune, a été remplacé par un modèle plus volumineux par le syndicat mixte de traitement des déchets.
Ce bac de plus grande taille a immédiatement posé problème en perturbant significativement la circulation des piétons sur le trottoir adjacent. Selon Johnny Tesseron, la municipalité a formellement demandé à Cyclad de récupérer l'ensemble des conteneurs, invoquant principalement les problèmes d'odeurs et l'entrave à la circulation piétonne. Le cogérant maintient pour sa part que les voisins de l'immeuble n'ont jamais exprimé de préoccupations particulières concernant la présence des poubelles sur le trottoir.
Le véritable nœud du problème réside dans l'absence totale d'emplacement dédié pour entreposer les bacs de déchets. La pizzeria ne dispose d'aucun espace intérieur adapté, et leur placement sur la place de la République est jugé inesthétique par les autorités. Johnny Tesseron expose clairement le dilemme : « Soit je les laisse sur le trottoir, soit je les mets dans le laboratoire de fabrication, ce qui est totalement inconcevable en termes d'hygiène car, si nous subissons un contrôle, c'est la fermeture assurée de l'établissement. »
Les plaintes des riverains et la réponse municipale
Ce casse-tête logistique survient dans un contexte électoral sensible, ajoutant une dimension politique au conflit. Le maire Gilles Gay, contacté sur cette affaire, explique que « les riverains se plaignent régulièrement des nuisances. Effectivement, il est vrai qu'il n'y a pas la place de mettre les poubelles à l'intérieur des locaux, mais nous avons mis à disposition des sacs à biodéchets. Il suffirait que, chaque soir, les gérants placent leurs déchets dans les sacs fournis par la mairie, puis les déposent dans les bornes spécifiquement prévues à cet effet. »
Anne-Sophie Descamps, adjointe au maire chargée de l'environnement et membre du bureau de Cyclad, reconnaît pleinement l'existence du problème tout en affichant un certain optimisme quant à sa résolution. « C'est vrai que la situation n'est pas simple à résoudre. Tout d'abord, nous ne savons même pas à qui appartiennent précisément deux des poubelles présentes sur site. La place étant extrêmement limitée à cet endroit précis, nous avons effectivement demandé à Cyclad de procéder à leur retrait. On ne peut pas non plus tolérer que le trottoir soit encombré, notamment pour les personnes en fauteuil roulant. Les agents de Cyclad sont déjà venus sur place pour une évaluation, nous avons engagé une réflexion approfondie, un début de solution concrète est actuellement à l'étude et nous allons trouver une issue satisfaisante », déclare-t-elle avec conviction.
La recherche d'une solution équilibrée, respectant à la fois les impératifs sanitaires de la restauration, les normes d'accessibilité et les préoccupations des riverains, représente donc un défi complexe pour l'ensemble des parties prenantes. Les prochains jours devraient être déterminants pour l'avenir de cette cohabitation urbaine parfois conflictuelle.



